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Bol en or richement décoré, présentant des éléments de l'art néo-babylonien et néo-assyrien ; récipient rituel provenant d'une cour royale, première moitié du VIe siècle av. J.-C. Bol rond à paroi épaisse, d’un diamètre de 12,6 cm, dont la paroi en forme de calotte, entièrement arrondie et dépourvue de fond, est légèrement moins bombée dans sa partie centrale inférieure que sur les parties extérieures plus raides situées sous le bord. Hauteur : 5 cm. Le bord extérieur est nettement épaissi et présente un rebord marqué ; il est plat dans sa partie supérieure et légèrement rentré vers la paroi en dessous. Sur la paroi extérieure, juste en dessous du rebord, un champ décoratif délimité en haut et en bas par deux lignes incisées parallèles s'étendant tout autour, comportant des motifs floraux et animaliers réalisés selon les techniques du poinçonnage et de la gravure ; un rapport composé de deux séquences identiques. Une séquence se compose de trois fleurs fermées, entre lesquelles est placée une palmette à cinq pétales, d’où émergent en bas deux tiges enroulées vers l’extérieur, dont les spires effleurent les fleurs fermées au niveau du bord inférieur. Une tige similaire se trouve au début et à la fin des éléments floraux de la séquence. Elle ne débouche toutefois pas sur une palmette, mais sur une fleur nettement plus petite, mais à demi-ouverte. À la suite de la fleur de droite, à demi-ouverte, est représenté, par poinçonnage et gravure, un lion avançant vers la droite, la queue enroulée vers le haut. La crinière est rendue par un hachurage en sens inverse, les oreilles sont plaquées contre la tête et la gueule est grande ouverte. D’autres détails anatomiques, tels que les yeux ou les parties musculaires saillantes, sont représentés par des poinçons. À l’intérieur de la coupe, au centre, se trouve une rosette à douze pétales, également poinçonnée et gravée, dont les pétales rayonnent à partir du centre de la coupe. Les extrémités arrondies des feuilles sont à nouveau encadrées à l’extérieur par des arcs parallèles. Sous le motif en rosette, quatre courtes tiges disposées en croix se dressent, portant à leur extrémité des fleurs entrouvertes, comme sur le rapport extérieur. L'épaisseur du matériau varie entre 0,6 et 4,5 mm, ce qui n'est toutefois pas perceptible à l'œil nu. Sur le bord de la coupe, à une distance de 6,5 cm, se trouvent deux fissures verticales (3,2 cm et 1,5 cm). Une fissure transversale part de la plus grande des deux. On observe par ailleurs divers petits « défauts » à la surface, dus en partie aux techniques de fabrication, en partie à des traces d’usure et à de légers dommages : de minuscules éclats, fissures, fentes et rayures, principalement sur la face extérieure, au niveau de la bande décorative. Les traces d’usure anciennes se distinguent clairement des rayures modernes. De plus, on observe par endroits, de manière irrégulière, une patine rougeâtre sur le récipient, résultat d’un dépôt naturel ou d’une diffusion du fer présent dans le sol vers la surface dorée ; un indice supplémentaire de l’authenticité de l’objet. La technique de fabrication et la composition du matériau sont inhabituelles. Des analyses archéométriques ont envisagé une fabrication à partir d’un amalgame d’or dans un moule négatif, notamment compte tenu de la forte teneur en mercure de l’alliage (plus de 10 %), ainsi que de 1 % d’argent et d’une teneur en or de près de 87 %, par analogie avec l’utilisation de moules négatifs pour les produits en verre de grande qualité de la même époque. Des amalgames d’or ont déjà été mis en évidence sur des objets provenant d’Eurasie ; toutefois, faute d’analyses d’objets en or de l’Orient ancien, leur diffusion n’a pu être démontrée jusqu’à présent que de manière fragmentaire. D’un point de vue de l’histoire culturelle, ce bol est un exemple tardif des bols métalliques de l’Orient ancien de type 1E selon la classification de P.H.G.H. Smith (1986), qui existe déjà depuis le milieu du IIe millénaire av. J.-C. Une analyse du point de vue de l’histoire de l’art des éléments ornementaux, mise en relation avec des œuvres d’art contemporaines, permet toutefois de la dater clairement de la première moitié du VIe siècle avant J.-C., notamment les sculptures sur ivoire de cette époque ou les revêtements muraux de la voie processionnelle et de la façade de la salle du trône du palais royal dans la citadelle sud de Babylone (tous deux datant du VIe siècle avant J.-C.). Le poids de 251,2 g correspond assez précisément à une demi-« mine » (250 g). En effet, des textes contemporains en écriture cunéiforme mentionnent à plusieurs reprises ce poids pour des récipients en or. En raison de sa datation tardive, ce bol est à ce jour le seul exemplaire connu de cette période tardive, dont on ne connaît de toute façon que très peu d’objets en or, et qui correspond chronologiquement à peu près à l’apogée finale de l’empire néo-babylonien. Le contexte de découverte inconnu et le caractère hybride de l’objet, qui mêle des ornements issus des traditions néo-assyrienne, néo-babylonienne et nord-syrienne, laissent planer le doute quant à son attribution régionale et historique précise. Quoi qu’il en soit, ce bol s’inscrit dans le cadre d’une cour royale, où la chasse au lion constituait un privilège royal et faisait l’objet, sous de multiples formes, d’une mise en scène de l’autorité souveraine, notamment sur des objets d’art majeurs et mineurs. Dans l’ensemble
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