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LA FAYETTE (Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de), 1634-1693. L.A., sl, [Vichy], 14 mai [1657], 1 p. et ½ in-4, à M. l'abbé Ménage (adresse autographe) (traces de cachet avec déchirures, avec perte de quelques lettres). Intéressante lettre à Gilles Ménage, évoquant sa prochaine installation à Meudon. Souffrante, Madame de La Fayette s’excuse de n’avoir pu écrire au précédent courrier, accablée de violents maux de tête que lui causent la cure d’eaux qu’elle suit alors. Elle se réjouit de voir Ménage se retirer dans cette campagne qu’elle juge fort agréable et propice à leur travail commun, parlant de ""nos lettres"", projet dont elle craint qu’il ne se soit détourné et pour lequel elle lui promet le secret absolu. Elle remercie enfin Ménage d’avoir sollicité en leur faveur une affaire qui leur importe tout à fait, auprès de Benoise. Homme de lettres séduisant tant par le physique que par l'esprit, l'abbé Gilles Ménage (1613-1692) assura l'éducation littéraire de Madame de Lafayette, sa cadette de 20 ans dont il était tombé amoureux. Leur liaison platonique, épistolière et intellectuelle dura plus de 15 ans et inspira, entre autres, Molière pour ses Femmes savantes. Brillant philologue, on lui doit le premier livre d'étymologie française : Les Origines de la langue françoise, paru chez Augustin Courbé en 1650. Proche de René-Renaud de Sévigné, beau-père de Marie-Madeleine Pioche de La Vergne (et oncle de Mme de Sévigné), il fit la connaissance de la future femme de lettres alors qu'elle n'avait que 15 ou 17 ; il lui enseigna les Belles-Lettres tout en l'introduisant dans les salons littéraires les plus en vogue. Quand la famille dut quitter Paris pour Champiré, c’est Gilles Ménage qui permit à Marie-Madeleine de se tenir au courant de la vie mondaine et littéraire par ses lettres et ses envois de livres. C’est à lui que fut confié le manuscrit de La Princesse de Montpensier pour le faire imprimer – sans nom d’auteur – en 1662. ""Les lettres de Mme de La Fayette à Ménage sont la seule partie de sa correspondance dont on ait autre chose que des épaves. Elles méritent d'être lues et relues pour comprendre ce qu'a été l'amour tendre, cet amour dit à tort précieux, dont Mlle de Scudéry a fait la théorie, mais que plus d'une grande dame a vécu en compagnie d'un bel esprit qui savait créer autour d'elle le climat de douce affection et d'attention intellectuelle et morale que lui refusait le mariage."" présentation des Œuvres complètes de Mme de La Fayette, F. Bourin, 1994, préface de M. Déon. Avec sa transcription manuscrite et son ancien certificat d'export de bien culturel du Ministère de la Culture.
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