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KESSEL (Joseph), 1898-1979. Importante correspondance adressée à Christian Melchior-Bonnet (1905-1995, historien, écrivain, directeur littéraire de plusieurs maisons d'édition et fondateur de la revue Historia), 1923-1955. 14 L.A.S. dont plusieurs avec enveloppes ; quelques documents et copies de lettres joints. Très intéressante correspondance littéraire, échelonnée sur plus de trente ans, adressée au journaliste et homme de lettres Christian Melchior-Bonnet, où Kessel évoque avec une certaine franchise sa formation, ses goûts littéraires, ses projets de romans, son travail d’écrivain et de reporter et ses rapports avec ses éditeurs. Elle forge un extraordinaire portrait de l'écrivain se dessinant à travers les décennies et fait apparaître, jusqu’en 1955, l’alternance fondamentale dans l’œuvre et la vie de Kessel entre fiction et reportage, travail sédentaire et besoin irrépressible du voyage. - L.A.S. "J. Kessel", [Paris, 15 décembre 1923], 1 p. 1/4 in-8, avec enveloppe. Très belle lettre autobiographique du jeune Kessel, alors âgé de 25 ans. Il retrace à grands traits son existence : journalisme depuis l’âge de 17 ans, guerre dans l’artillerie puis l’aviation, tour du monde après l’armistice, Amérique, Honolulu, Japon, Chine et Vladivostok, où il fut "chef de gare", puis retour par l’océan Indien et Suez. Il expose surtout ses goûts littéraires : "amour de la simplicité, de la force robuste et profonde, des livres qui denudent l'homme et ne traitent que de ses instincts éternels, élémentaires." Tolstoï est pour lui "le plus grand écrivain", dont il admire la "fertilité épique" et la "majesté sereine, olympienne" ; il cite également Kipling et Jack London. - L.A.S. "J. Kessel", [Paris, 1er juillet 1924], 4 pp. in-8 avec enveloppe. Exceptionnelle et longue lettre sur ses projets et sa conception de la littérature. Kessel décrit le "chaos" de sujets qui précède chez lui le choix d’un livre. Il songe d’abord à tirer de ses expériences de 1918-1920 dans l’Extrême-Orient russe et chinois une vaste épopée consacrée notamment au baron Ungern, conquérant de la Mongolie. Mais un autre sujet l’obsède désormais : "les Russes à Paris", confrontation de "deux races, de deux civilisations, de deux natures, un chaos et une fusion à la fois", qui lui offre une matière romanesque immense. Il annonce également sa traduction du "Messie sans peuple" (de Salomon Poliakov), qui paraîtra en français en 1925 dans sa traduction, et une nouvelle destinée à la Revue des Deux Mondes sur l'Irlande. Il formule enfin une véritable profession de foi littéraire : il ne veut pas écrire de romans où domine "la psychologie du lit", son époque lui paraissant "trop riche, trop violente, trop amère et trop enivrante" pour ne pas puiser dans ses grands mouvements. Avec une modestie frappante, il se considère encore comme "un débutant" et juge 'L’Équipage' comme étant "un livre passable". - L.A.S. "J. Kessel", [Sceaux, reçue le 5 octobre 1924], 1 p. in-4, avec enveloppe et portrait photographique joints. Kessel s’excuse de ses retards et adresse à Melchior-Bonnet "deux ou trois feuillets d’un manuscrit inachevé et qui ne le sera jamais, je pense", ainsi qu’une photographie d’amateur. La photographie originale de Kessel est jointe (mais non les feuillets manuscrits). - L.A.S. "J. Kessel", Paris, [reçue le 22 février 1927], 1 p. et ½ in-8, avec enveloppe. À propos de la publication prochaine des 'Cœurs purs', recueil réunissant 'Mary de Cork', 'Makhno [et sa Juive]' et 'Le Thé du capitaine Sogoub'. Kessel souhaiterait que l’interview préparée par Melchior-Bonnet coïncide avec la sortie du volume. Il évoque également un roman en chantier, provisoirement désigné sous le titre "Marie Salope" qu’il demande expressément de ne pas divulguer et de remplacer, dans l’article, par "Chez Anaïs" : "C’est le plus difficile roman auquel je me sois attaqué et j’y travaille avec précaution." Il parle ici bien entendu de Belle de Jour, qui paraîtra en 1928. - L.A.S. "J. Kessel", sl [reçue le 11 mai 1927], 1 p. in-12. Écrivant de Suisse, Kessel annonce son retour prochain à Paris et se réjouit de revoir Melchior-Bonnet et de lire ce que celui-ci a écrit sur leur conversation. - L.A.S. "J. Kessel" [Paris, 22 novembre 1928], 1 p. in-8, avec enveloppe. De retour de Syrie, Kessel accepte avec plaisir d'être interviewé pour son correspondant : "Je serais très heureux d’être portraituré par vous car je suis sûr que ce sera à mon avantage", et l’invite à déjeuner chez ses parents, boulevard Brune. - L.A.S. "J. Kessel", 15 avril 1941, Antéor (Var), 2 pp. in-12. Revenu d’un voyage en Afrique du Nord, Kessel retrouve avec émotion son correspondant après "tant de désastres", tous deux demeurés attachés "aux choses de l’esprit", "le seul terrain sûr et vrai qui demeure". Il travaille à un vaste roman qu
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