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Marguerite Louise d'Orléans, grande-duchesse de Toscane, 1645-1721. L.A.S., Saint-Mandé, 17 avril [1695], 4 pp. in-8. Belle lettre, très vivante, de nouvelles mondaines et de cour, adressée à une amie (non identifiée). Marguerite-Louise se réjouit d’avoir appris l’arrivée de sa correspondante et espère son retour prochain : ""Vous m’avez fait un extrême plaisir de me mander votre arrivée"". Elle évoque avec affection Mme de Gramont, Mme de Remiremont et Mme de Lillebonne, puis annonce le prochain départ du prince d’Épinoy : ""il ira voir madame votre sœur et vous ; je lui ai dit tout ce que j'ai pu pour vous raccomoder avec lui, j'espère que cela fera son effet"". La lettre livre ensuite une véritable chronique des nouvelles et ""potins"" du moment : la prétendue banqueroute du fermier général Arnault, qui se serait caché à Montmartre avant de rejoindre l'Angleterre sous la protection du prince d’Orange : ""beaucoup de gens y ont perdu et bien des dames, il y a sur cela de très belles histoires et entre autres d'une dévote du Père de Valois qui aurait quitté le faubourg."" La lettre s’achève sur une marque d’affection particulièrement chaleureuse : ""Croyez que votre absence me paraît tous les jours plus fâcheuse ; personne ne parle tant de vous que Madame de Bracciano et moi."" Cette dernière est Anne-Marie de La Trémoille, duchesse de Bracciano, future et célèbre princesse des Ursins, qui séjourne alors à Paris et y tient une place remarquée dans la haute société. Une lettre familière et volontiers indiscrète, offrant un plaisant tableau des nouvelles, affaires d’argent et intrigues sentimentales qui circulaient dans l’entourage aristocratique de Marguerite-Louise d’Orléans, installée en France depuis 1675 après l’échec retentissant de son mariage avec Cosme III, et qui menait alors une existence indépendante, partagée entre ses résidences religieuses et la société aristocratique parisienne. Avec son ancienne notice de la maison Charavay (avec transcription complète).
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