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Paul SIGNAC (1863-1935) Le Mont Blanc, vers 1921 Encre et lavis d’encre et touche de gouache bleue. Signée en bas à droite. Étiquette au dos du montage « N° du catalogue 3079 ». (Papier insolé, frottements et petites déchirures). 71 x 98 cm Provenance : - n°3079 (étiquette au dos). - Collection Jean Adhémar, Paris. Puis par descendance. Notre œuvre est à rapprocher du tableau Le Mont Blanc, Rose de 1921 présentée au Salon des Indépendants de la même année avant de circuler par les galeries Bernheim-Jeune à Paris, Giroux en Belgique et Golschmidt en Allemagne. Georges Jamati écrit au sujet de ce tableau : « Le seul jeu des lignes, calme des crêtes horizontales, élan des verticales, suffit à faire surgir derrière un premier plan hardi – un coin d’herbage sans doute mais avant tout une tache de couleur – le Mont Blanc comme une apparition immatérielle, une sorte de montagne de nuages. À vrai dire, nos souvenirs personnels de montagne ne nous évoquent pas un tel rêve. Mais P. Signac ne pouvait mieux exprimer l’espèce d’extase de la couleur qu’un mysticisme naturaliste éveille en lui. Il a fait œuvre de décorateur supérieur en même temps que de grand émotif acharné à discipliner les libres sensations en vue de la réalisation d’une synthèse ardente » (in « Le Salon des Indépendants », Rythme et Synthèse, mars 1921, p. 140). Notre dessin apparaît comme une étude aboutie du Mont Blanc, Rose (reproduit in Françoise Cachin, avec la collaboration de Marina Ferretti-Bocquillon, Signac. Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Gallimard, 2000, n° 545, p. 315). Dans les deux œuvres, le massif est conçu comme un jeu d’opposition entre masses sombres et surfaces lumineuses. Le lavis permet d’obtenir des contrastes puissants qui évoquent les effets que Signac développe par la couleur sur la toile. Le traitement des crêtes et les délicats rehauts de gouache bleue de notre dessin rappellent les lignes sinueuses et nerveuses que forment les touches colorées employées dans l’œuvre peinte. Ce thème trouve un écho dans le cercle artistique réuni autour de Georgette Agutte, peintre et sculptrice, et de son époux Marcel Sembat, ministre des Travaux publics de 1914 à 1916 et grand amateur d’art. Collectionneurs et mécènes, le couple accueillait régulièrement plusieurs figures majeures de l’avant-garde française dans leur propriété savoyarde parmi lesquelles, Henri Matisse, Albert Marquet, André Derain et Paul Signac.
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