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Document d'Albert Speer signé à Nuremberg, demandant qu'une émission radio alliée serve de preuve qu'il a désobéi aux ordres d'Hitler visant à détruire l'Allemagne Document partiellement imprimé, en allemand, signé « Speer », une page, 8 x 12,5, 6 décembre 1945. Document intitulé (traduction) : « Tribunal militaire international, demande de document présentée par l’accusé », rédigé dans le cadre de la préparation de sa défense pour les procès de Nuremberg. Extrait : « Je, Albert Speer, demande par la présente que le Tribunal exige la production du document suivant afin qu’il soit utilisé pour ma défense : annonce diffusée par la station de transmission américaine de l’Atlantique en avril 1945. Ce document doit être obtenu auprès des archives de la station de transmission (probablement celles de la BBC)...L’une des stations de radiodiffusion alliées en Allemagne, probablement la station de radiodiffusion de l’Atlantique, a diffusé début ou mi-avril qu’Hitler avait ordonné la destruction de toutes les installations industrielles, et que Speer avait empêché cela par ses contre-ordres. » Il expose ensuite précisément ce que cette émission doit prouver : « Hitler, dans un ordre daté du 19 mars 1945, avait ordonné la destruction de toutes les installations industrielles, des centrales électriques, des usines d’eau et de gaz, de tout ce qui avait de la valeur, des ponts et des bureaux de poste. Grâce à l’intervention personnelle de Speer, ce projet a été contrecarré. Seuls les ponts ont été détruits. Cette destruction a toutefois été le fait des forces armées. L’empêchement de ces démolitions, par l’accusé Speer, ne s’est pas limité au territoire allemand d’origine ; il a également veillé à ce qu’aucune démolition n’ait lieu dans les territoires occupés encore aux mains des Allemands, en Haute-Silésie polonaise, en Tchécoslovaquie, en Hongrie et en Autriche. » Signé à la fin au crayon par Albert Speer, et contresigné par son avocat. Renforcé par un carton léger et en excellent état. Accompagné d’une transcription en anglais de l’époque. La requête de Speer est remarquable par la source qu’il espérait utiliser pour sa propre défense : une émission de radio alliée datant de la guerre. Son argument était simple : si des radiodiffuseurs britanniques ou américains avaient rapporté en avril 1945 qu’il avait défié les ordres de destruction d’Hitler, alors que la guerre faisait encore rage, cette affirmation n’aurait pas pu être facilement rejetée comme une invention d’après-guerre conçue pour le tribunal de Nuremberg. Déposée dans le cadre des efforts plus larges de Speer pour documenter son opposition à la politique de la terre brûlée d’Hitler, cette requête montre qu’il cherchait, au-delà des archives allemandes, une corroboration indépendante déjà produite par l’ennemi. L’objet du litige était le « décret de Néron » d’Hitler, daté du 19 mars 1945, qui ordonnait la destruction des installations industrielles, des centrales électriques, des réseaux d’eau et de gaz, des ponts, des infrastructures de communication et d’autres ressources susceptibles de tomber entre les mains des Alliés. Speer soutient ici que son intervention a empêché une grande partie de ces destructions, non seulement en Allemagne, mais aussi dans les territoires encore sous contrôle allemand, notamment certaines parties de la Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie et de l’Autriche. Ce document illustre ainsi l’un des thèmes centraux de la défense de Speer à Nuremberg : au cours des dernières semaines de la guerre, il avait rompu avec Hitler et agi pour préserver les infrastructures industrielles et civiles dont dépendrait l’Europe d’après-guerre.
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