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Document d'Alfred Rosenberg signé à Nuremberg, demandant la comparution d'un espion du MI6 Document partiellement imprimé, en allemand, signé « A. Rosenberg », une page, 8 x 11,75, 13 novembre 1945. Document intitulé (traduction) : « Tribunal militaire international, requête de l’accusé visant à citer un témoin à comparaître », rédigé dans le cadre de la préparation de sa défense pour les procès de Nuremberg. Rosenberg et son avocat demandent que le « major (1939) Winterbotham » soit entendu, en invoquant sa connaissance des faits suivants : « 1) Que pendant de longues années (1931-1939), je me suis personnellement efforcé, de manière éclairée et sincère, de favoriser une entente germano-britannique. 2) Qu’il a connaissance de mes voyages à Londres (1931 et 1933) entrepris à cette fin. » Rosenberg affirme que ce témoignage « prouvera que je n’avais pas pour objectif de comploter contre la paix ». Signé à la fin au crayon par Alfred Rosenberg, et contresigné par son avocat de la défense. Renforcé par un carton léger et en excellent état. Cette requête constituait la pièce maîtresse d’une défense en deux volets. Rosenberg souhaitait que Winterbotham corrobore son affirmation d’intentions pacifiques, selon laquelle ses démarches auprès de la Grande-Bretagne dans les années 1930 relevaient d’une véritable diplomatie plutôt que d’une couverture pour des préparatifs de guerre. Dans le même temps, il tentait de rejeter la responsabilité sur le cercle restreint d’Hitler, désignant Hitler lui-même, Joachim von Ribbentrop et Martin Bormann comme les hommes qui avaient en réalité contourné et mis à l’écart son Bureau des affaires étrangères, en faisant valoir que le véritable complot passait par eux, et non par lui. Ces deux arguments étaient sans fondement. Winterbotham avait entretenu des relations avec Rosenberg tout au long des années 1930, non pas en tant que contact sympathisant, mais en tant qu’agent opérationnel du MI6, recueillant sans relâche des renseignements sur le réarmement allemand pour le compte du gouvernement britannique ; ainsi, la « démarche de paix » évoquée par Rosenberg était en réalité un canal que les Britanniques exploitaient à son détriment. Le Tribunal rejeta catégoriquement la demande de témoin, estimant que Winterbotham ne pouvait apporter aucun élément pertinent concernant la conduite ultérieure de Rosenberg pendant la guerre, et les preuves documentaires de l’accusation liaient directement son ministère des Affaires orientales au pillage et aux meurtres de masse. Rosenberg fut reconnu coupable des quatre chefs d’accusation, y compris de complot et de crimes contre la paix, et pendu le 16 octobre 1946.
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