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Élisabeth VIGÉE LE BRUN (1755-1842) Portrait de jeune fille Pastel sur toile 61 × 50,7 cm signé et daté à droite "Vigée / 1772" (peu visible) Bibliographie Neil Jeffares, "VIGÉE LE BRUN, Élisabeth-Louise", *Dictionary of pastellists before 1800", London, 2006, online edition, (https://www.pastellists.com/Articles/VigeeLeBrun.pdf), J.76.4182 (consulté le 9 octobre 2026) Nous tenons à remercier Neil Jeffares, qui a confirmé l'attribution de ce pastel à Élisabeth Vigée Le Brun sur la base d'une photographie. En 1772, Élisabeth Vigée est une jeune fille de 17 ans qui se trouve déjà dans une phase décisive d'essor professionnel. Fille du pastelliste Louis Vigée (1715-1767), elle apprend le dessin dès son enfance. Après la mort de son père, elle se forme principalement en copiant les maîtres flamands, italiens et français dans les collections parisiennes, tout en recevant les conseils de peintres comme Gabriel Briard (1725-1777), Gabriel-François Doyen (1726-1806) et Joseph Vernet (1714-1789). Elle a installé son propre atelier à Paris depuis 1770 et gagne déjà sa vie grâce à une clientèle bourgeoise et aristocratique. Elle vit avec sa mère, Jeanne Maissin (1728-1800) qui la surveille lors des séances de pose, , ainsi que son beau-père, le joaillier Jacques-François Le Sèvre. Elle continue d'étudier avec assiduité le pastel et la peinture à l'huile. Deux ans après la réalisation de ce portrait, elle est reçue à l'Académie de Saint-Luc. Elle épouse en 1776 le marchand d'art Jean-Baptiste Pierre Le Brun et en 1778, elle devient la portraitiste officielle de la reine Marie-Antoinette. Grâce à la protection de la famille royale, elle est reçue en 1783 à l'Académie royale de peinture et de sculpture. Contrairement à l'idée reçue selon laquelle le pastel n’était qu'un simple tremplin vers la peinture à l'huile, il reste pour elle un médium fondamental auquel elle revient continuellement durant sa vie. Elle l’apprécie pour sa rapidité d'exécution et l’immédiateté du rendu. Elle l'utilise autant pour des portraits de commande très aboutis que pour des études préparatoires destinées à fixer rapidement une idée avant de la peindre à l'huile. Joseph Baillio, le spécialiste de l’artiste, la considère comme l’un des plus grands pastellistes de tous les temps. Bien que l’artiste soit encore très jeune lorsqu’elle réalise ce portrait, la technique de ce pastel témoigne déjà de sa maitrise notamment dans la distribution des lumières, la fraîcheur des coloris et la vérité de l'expression. On connait d'autres portraits au pastel, datant des années 1770-80, réalisés sur une feuille de mêmes dimensions : celui du jeune Alexandre Brongniart, de 1778 (collection privée, J.76.148), une "jeune femme en robe rayée", de 1789 (Bucarest, Musée des Beaux-Arts, J.76.466), et surtout "Mme de Bonneuil, née Michelle Sentuary (1748-1829)", de 1773 (J.76.214).
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