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live 12 novembre | 14:00
Karl & Faber

7 - David Teniers le Jeune (1610 Anvers - Bruxelles 1690), Soldats jouant aux cartes.

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David Teniers le Jeune (1610 Anvers - Bruxelles 1690), Soldats jouant aux cartes. Huile sur cuivre, monté sur bois, en parquet. Environ 56,5 x 71 cm. Signé en bas à droite. Nous remercions le Dr Margret Klinge, qui a confirmé l’attribution de ce tableau à David Teniers le Jeune après avoir examiné l’œuvre originale. Elle date le tableau de la période du séjour de Teniers à Bruxelles dans les années 1670. Une expertise écrite datée d’octobre 2026 est disponible. Une table, quelques cartes et un petit groupe de soldats suffisent à David Teniers le Jeune pour transformer un passe-temps quotidien en un récit pictural aussi vivant que finement observé. Rassemblés étroitement autour de la table, les hommes sont absorbés par leur jeu. Leurs regards vont et viennent entre les cartes et leurs partenaires de jeu, leurs mains interviennent dans l’action, leurs corps se penchent en avant ou se calent en arrière, pleins d’attente. Teniers dépeint cet instant fugace d’attention intense, où le caractère de ses personnages se révèle comme par hasard. Les soldats qui, loin de leurs obligations militaires, passent le temps à boire, fumer, jouer aux dés ou aux cartes, comptent parmi les thèmes récurrents de l’œuvre de l’artiste. Dès les années 1630 et 1640, Teniers s’intéressait déjà au thème des jeux dans les auberges et les salles de garde. En cela, il s’inscrit d’abord dans la tradition d’Adriaen Brouwer, dont les scènes rustiques de paysans et de tavernes ont joué un rôle majeur dans son évolution précoce. Teniers s’est toutefois peu à peu détaché de l’exagération souvent caricaturale de ce dernier. Ses personnages gagnent en individualité, les espaces s’éclaircissent et les récits deviennent plus subtils ; à partir du milieu paysan se développe une peinture de genre de plus en plus raffinée. Tout comme la « Tentation de saint Antoine » (lot 6), le présent tableau appartient à l’œuvre tardive de Teniers, datant des années 1670. Dans cette phase de maturité, aux côtés des paysans et des fêtards de ses tableaux antérieurs, apparaissent de plus en plus des personnages vêtus avec élégance et une représentation affinée de leur univers quotidien. La manière dont Teniers percevait précisément son époque transparaît ici particulièrement bien : les soldats n’apparaissent pas dans un uniforme militaire conçu comme intemporel, mais comme des hommes de leur époque. On remarque notamment le nœud bleu sous le menton de l’un des personnages – une petite touche de couleur percutante qui souligne l’allure à la mode de cet homme. Les détails décoratifs de son pantalon sont reproduits avec tout autant de soin. Ces prétendus détails secondaires caractérisent les personnages, animent la palette de couleurs et ancrent fermement la scène dans le quotidien de la fin du XVIIe siècle. Pour autant, Teniers raconte l’histoire avec une grande économie de moyens. Il n’a besoin ni de grands gestes ni d’un événement spectaculaire. Le véritable spectacle naît des relations entre les personnages : chacun semble réagir à la partie à sa manière – concentré, attentiste, sûr de lui ou curieux. Les cartes deviennent le point central d’une petite chorégraphie sociale que Teniers dépeint avec un humour subtil, sans pour autant exposer ses protagonistes au ridicule. Le tableau tire un charme particulier de son support en cuivre. Teniers a utilisé à plusieurs reprises des plaques de cuivre pour réaliser des tableaux de cabinet d’une exécution particulièrement raffinée ; ce qui est toutefois remarquable ici, c’est le format relativement grand de la plaque de cuivre. La surface parfaitement lisse permet une application précise de la peinture et un rendu extrêmement nuancé des moindres détails. Dans le tableau qui nous occupe, cela profite autant aux traits du visage finement ciselés qu’aux costumes et à leurs petites touches de mode. Tissus, boutons, nœuds et cartes sont rendus en quelques coups de pinceau sûrs. De près, on découvre une étonnante richesse de détails picturaux, tandis que, vus de plus loin, ceux-ci s’assemblent pour former une scène parfaitement cohérente. C’est précisément là que réside la maîtrise du Teniers de la fin de sa carrière. La palette sobre de l’arrière-plan fait nettement ressortir les personnages. Quelques zones claires et des touches de couleur structurent le groupe et guident le regard d’un visage à l’autre, pour finalement revenir vers le jeu posé sur la table. Rien ne semble ostentatoire ni surchargé. Quelques personnages et objets suffisent à faire naître tout un microcosme social. Les « Soldats jouant aux cartes » révèlent ainsi un Teniers au sommet de son art de genre à maturité. À partir d’un motif on ne peut plus simple, il développe d’une main légère une image dense d’attention humaine et de convivialité. C’est l’apparente banalité qui l’intéresse : un regard, un geste de la main, un nœud bleu, la posture d’un joueur penché sur ses cartes. De tels détails donnent naissance à cet art narratif à la fois réaliste et élégant qui caractérise ses meilleurs tableaux de genre.

Texte traduit par DeepL.
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Vente

Vente n° 347 | Maîtres anciens et art du XIXe siècle
jeudi 12 novembre
14:00
Amiraplatz 3
80333 Munich, Allemagne

Maison de ventes

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