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PHILIP JAMES DE LOUTHERBOURG (FRANÇAIS, 1740-1812) UN MISTRAL, OU UNE BRISE MARINE PAR UNE JOURNÉE FRAÎCHE ; TEMPÊTE PROVOQUÉE PAR LE VENT DU SUD. Huile sur toile, paire. Chacune : 60,5 x 82,5 cm (23¾ x 32¼ pouces) (2)Provenance : Cabinet du duc de Piquigny, 1769 ; Gerald F. Annesley, Castlewellan, comté de Down. Bibliographie : D. Diderot, *Héros et martyrs – Salons de 1769, 1771, 1775, 1781*, *Pensées détachées sur la peinture, la sculpture, l’architecture et la poésie*, Paris, 1995, p. 75 ; *L'Année littéraire*, 1769, vol. V, lettre XIII, p. 304 ; M. Raphaël, *Lettre sur les peintures, gravures et sculptures qui ont été exposées cette année au Louvre*, 1769, p. 17 ; E. Dacier, Catalogue de ventes et livrets de salons, illustré par Gabriel de Saint-Aubin, 1901-1921, vol. II, p. 79. O. Lefeuvre, Philippe-Jacques de Loutherbourg 1740-1812, Paris, 2012, n° 73 et M. 187, p. 212, 338. Exposé : Paris, Salon de 1769, n° 99, 100 ; Belfast Museum and Art Gallery, Pictures from Ulster Homes, du 10 mai au 15 juillet 1961. Œuvres apparentées :Esquisse de Gabriel de Saint-Aubin sur son exemplaire du catalogue du Salon de 1769, Paris, BnF. Ces deux œuvres font partie d’une série de marines et de paysages commandés ou acquis par le duc de Piquigny. Le style et la composition des tableaux renvoient à la période française de de Loutherbourg, vers 1768-1770, et leur format correspond à celui des nombreux paysages marins exposés par l’artiste en 1769.Les croquis conservés de l’artiste Gabriel de Saint-Aubin dans son exemplaire personnel du catalogue constituent un témoignage visuel des tableaux exposés au Salon de Paris en 1769.De plus, l’un des tableaux correspond parfaitement à la description donnée par M. Raphaël dans sa Lettre sur les peintures, gravures et sculptures exposées cette année au Louvre, lorsqu’il évoque les tableaux de Loutherbourg présentés au Salon de Paris en 1769 :Son camarade [le camarade de Vernet, c’est-à-dire de Loutherbourg], j’ose dire son égal, possède des œuvres tout aussi singulières : ses eaux ont une transparence, un fini cristallin ; il y a de la chaleur dans la composition de ses tempêtes, le danger est imminent, et cela s’exprime bien sur les visages angoissés des personnages du tableau. Je n’en exclurais qu’un seul… C’est une chaloupe bravant les plus grands risques dans une soudaine bourrasque… Des pêcheurs se tiennent sur le rivage, manifestant l’inquiétude qu’ils éprouvent pour leurs camarades et leur désir de leur venir en aide. À proximité se trouvent deux Orientaux, à en juger par leur tenue et leurs longues barbes, qui observent toute cette agitation avec sérieux, une « flegme », une « gravité espagnole » ; Je n’étais pas satisfait de ce trait quelque peu artificiel chez ces deux messieurs, ni chez deux autres tout aussi calmes qui se trouvent de l’autre côté, sur un rocher, et qui ne prennent pas plus part qu’eux à la catastrophe menaçant cette chaloupe. Rapport d’état : Les deux toiles ont été entoilées et semblent offrir un bon support. De fines craquelures et des marques de châssis sont visibles, mais dans l’ensemble, la couche de peinture est stable et bien conservée. Le Mistral : l’examen sous UV révèle de petites zones éparses de retouches sur le ciel, sur les marques de châssis et une zone plus étendue dans le quadrant supérieur droit, d’environ 5 cm de large. D’autres retouches sont visibles sur les bords ainsi qu’une ligne horizontale d’environ 15 cm traversant les personnages accroupis coiffés d’un turban. Une épaisse couche de vernis décoloré est présente, qui pourrait masquer une restauration antérieure au niveau des bords.La Tempête : L’examen aux UV révèle une retouche au lavis sur le nuage d’orage en haut à gauche, là où la couche de peinture est un peu fine. On observe également de fines lignes verticales recouvrant des marques de châssis au centre de l’image. D’autres restaurations sont visibles sur les bords. Il se peut qu’une restauration plus ancienne soit dissimulée sous une épaisse couche de vernis décoloré.
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