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FRANCE OU PAYS-BAS BOURGUIGONS, Première moitié du XVème siècle Rare couteau de découpage et son étui, contenant également une lame seule Manche en cristal de roche taillé de deux cannelures sur sa face intérieure, avec monture en argent ciselé, gravé et doré, l'extrémité prenant la forme d'une toiture de tourelle conique percée de trois lucarnes, surmontée d'une bouterolle sommitale. La soie est ornée d'un semis de fleurs de lys d'or sur fond bleu. Large lame à forme de feuille, poinçonnée de la marque en étoile à quatre branches du coutelier ; l'autre lame portant la même marque. Des inscriptions en caractères gothiques figurent sur l'extrémité et la virole : au bandeau inférieur, LAUS (Louange) ; au bandeau supérieur, SAINTILE (?). L'étui, en maroquin rouge fleurdelisé or comporte un boîtier à trois compartiments : deux grands, destinés chacun à un couteau de découpage à large lame et un plus petit, pour un couteau à écorcher. Couteau et lame : France ou Pays-Bas bourguignons, première moitié du XVe siècle. Étui : XVIIe/XVIIIe siècle. Dimensions : couteau, longueur 37,3 cm ; étui, longueur 41 cm État : petites usures à l'étui. Provenance : collection privée, Dijon; vente Sadde, Dijon mars 2018 lot 97, collection privée, Monaco. Ce lot est accompagné d'un certificat d'exportation pour un bien culturel, n° 198349 daté de 2018. Notice historique : Lors des banquets médiévaux, les maisons nobles disposaient d'un service de découpage destiné à trancher les viandes et le gibier à table, comme l'illustre la miniature du mois de janvier des Très Riches Heures du duc de Berry. Certains couteaux servaient à la découpe, d'autres à écorcher ou à piquer la viande ; d'autres encore, à lame sans tranchant, étaient réservés au service. Le manche orné d'azur semé de fleurs de lys d'or de ce couteau laisse penser qu'il appartenait très certainement à un premier écuyer tranchant d'une cour princière ou ducale. Outre la famille royale, les armes des Valois de France pouvaient également être portées par les branches cadettes, telles que les ducs de Bourgogne, de Berry ou d'Anjou. L'étui, réalisé bien plus tardivement, est lui-même fleurdelisé, ce qui conforte l'appartenance de ce nécessaire à une famille de haut rang. Dans le catalogue de la vente à Dijon en 2018, il est mentionné que la famille dijonnaise à laquelle il a appartenu le surnommé: le « couteau du duc de Bourgogne », en référence aux couteaux de Philippe le Bon conservés au musée de la ville de Dijon, réalisés vers le milieu du XVe siècle (inv. CA 1468). « SAINTILE ». Il s'agit très probablement d'une lecture approximative d'une inscription en lettres gothiques, difficile à déchiffrer sur ce type de petit objet et deux hypothèses sérieuses se dégagent : L'explication la plus probable de l'inscription "SANTILE" est celle de « SAINT ELOY » (Saint Éloi) Saint Éloi (v. 588-660), orfèvre et évêque, saint patron des orfèvres, des couteliers et de tous les métaux travaillés. Il est extrêmement fréquent que les couteliers et orfèvres du Moyen Âge et de l'époque moderne invoquent ce saint patron sur leurs pièces (manches, gardes, poinçons), en complément d'une formule pieuse comme LAUS DEO (Louange à Dieu). Le rapprochement avec « LAUS » sur le bandeau inférieur va exactement dans ce sens : les deux inscriptions formeraient un couple dévotionnel classique, une invocation à Dieu (LAUS DEO) et une invocation au saint patron du métier (SAINCT ELOY) — pratique bien documentée sur les armes blanches et outils de luxe médiévaux, où de telles formules apotropaïques étaient gravées dans les gorges de lame ou sur les montures. « Une gravure de Nicolas-Xavier Willemin, publiée en 1839 dans ses Monuments français inédits pour servir à l'histoire des arts, atteste dès le XIXe siècle de la notoriété des couteaux de l'écuyer tranchant de Philippe le Bon, confirmant l'ancienneté de l'intérêt porté à ce type d'objet dans les collections bourguignonnes. » Ouvrage de référence : Splendeurs de la cour de Bourgogne, Charles le Téméraire (1433-1477), cat. exp. Berne – Bruges – Vienne, 2008-2010, Musée historique de Berne, Bruggemuseum & Groeningemuseum de Bruges, Kunsthistorisches Museum de Vienne, sous la direction de Susan Marti, 2009.
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