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EUGENIO LUCAS VELÁZQUEZ (Madrid, 1817-1870). « Scène de corrida », 1862. Gouache sur papier. Signée et datée dans le coin inférieur gauche. Dimensions : 43 x 64 cm ; 55 x 76 cm (avec cadre). La corrida est l’un des aspects les plus caractéristiques et les plus personnels de l’œuvre d’Eugenio Lucas Velázquez et occupe une place prépondérante tout au long de sa carrière. L’univers de la corrida offrait à l’artiste un cadre particulièrement propice au développement d’un style fondé sur des coups de pinceau spontanés, le mouvement et la restitution de l’atmosphère des scènes populaires. En témoignent certaines de ses œuvres conservées dans de grandes collections publiques, telles que *La suerte de varas* et *Capea de pueblo*, toutes deux datées vers 1855 et conservées au Museo Nacional del Prado, ou encore *Apartado de toros en la Muñoza*, de 1862 (n° d’inventaire 1169), ainsi que *Corrida de toros en un pueblo* (n° d’inventaire 0769), qui appartiennent à l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando. C’est dans ce contexte qu’il convient de considérer la présente « Scène de corrida », datée de 1862, qui marque une période tardive de la carrière de l’artiste et le plein épanouissement de son interprétation singulière de l’univers de la corrida. Au-delà de la simple représentation d’une corrida, Lucas transforme le spectacle en une scène extrêmement dynamique, où chevaux, toreros et spectateurs se fondent en une composition vivante. La foule à l’arrière-plan n’est qu’à peine esquissée par des traits rapides et des touches de couleur, tandis que l’action se concentre au premier plan, où les chevaux et les participants à la corrida occupent le devant de la scène. L’artiste ne cherche pas à décrire chaque personnage dans les moindres détails, mais plutôt à transmettre l’impression immédiate d’un spectacle grandiose, dynamique et fugace. Le choix de la gouache sur papier met particulièrement en valeur cette approche. Cette technique permet une exécution rapide et directe, favorisant la liberté du trait et la spontanéité des coups de pinceau. Lucas construit ainsi la scène à travers une combinaison de lignes, de taches et de touches de couleur qui, plutôt que de définir les formes de manière exhaustive, les suggèrent. Cette approche s’avère particulièrement efficace dans le genre de la corrida, où le mouvement, la tension et le caractère éphémère font partie intégrante du spectacle. Ce langage artistique est étroitement lié à la tradition de Francisco de Goya, dont l’influence a été déterminante dans la formation de la personnalité artistique de Lucas. Son œuvre incarne donc pleinement la sensibilité du romantisme espagnol ; cependant, la fluidité de Lucas et son jeu unique entre le dessin, la couleur et les coups de pinceau confèrent à ses œuvres une liberté qui préfigure une conception plus moderne de la peinture. La formation artistique d’Eugenio Lucas Velázquez s’est ancrée dans le milieu artistique madrilène et dans l’étude des grands maîtres conservés au musée du Prado, en particulier Velázquez et Goya, dont l’influence s’avérera décisive dans sa carrière. Son œuvre est représentée dans certaines des plus importantes collections publiques d’Espagne. Le musée du Prado abrite une importante collection de tableaux de Lucas, parmi lesquels *La suerte de varas*, *Capea de pueblo*, *Aquelarre*, *La ronda*, *Condenados por la Inquisición*, ainsi que diverses scènes mettant en scène des *majós* et des *majás*. L’Académie royale des beaux-arts de San Fernando abrite également plusieurs œuvres de l’artiste, notamment les tableaux susmentionnés *Apartado de toros en la Muñoza* et *Corrida de toros en un pueblo*.
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