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Artcurial

166 - MERMOZ Jean

Mise à prix

1 000 €

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Estimation

1 000 - 1 200 €

Frais de vente

32,4 %

MERMOZ Jean L.A.S. « Ton Jean », Buenos Aires 26 septembre 1928, à sa « Maman chérie » ; 4 pages in-4 à en-tête Aeroposta Argentina. Récit de son accident lors du vol vers la Bolivie. …« De Bolivie, je devais descendre à Asuncion, capitale du Paraguay. Cinq heures après mon départ de Porto-Suarez, rupture de moteur produite par la mauvaise qualité de l’huile. Je réussis à me poser dans une clairière au milieu d’une forêt de palmiers sans rien casser heureusement. J’avais comme passagers mon Directeur et mon mécanicien. Je pars avec le premier en exploration. Après des heures de marche dans la forêt avec de l’eau jusqu’aux genoux et des herbes par-dessus la tête, nous tombons sur une estancia indienne, où heureusement on ne nous accueillit pas à coups de fusil. Nous serions allés seulement à 10 km de plus dans l’intérieur, nous tombions sur des Indiens pillards, qui abondent dans la “Prairie” paraguayenne. Nous retournons à l’appareil avec un char à bœufs préhistorique, nous y chargeons nos bagages et nous dirigeons avec l’un de nos Indiens vers une agglomération située à 25 km de là, sur le Rio-Paraguay. Nous y arrivons en pleine nuit. Là une usine de tannin tenue par des Allemands et protégée par un fortin paraguayen. Le commandant du fortin veut nous mettre en prison, nous prenant pour des Boliviens espions venus par avion, car il existe actuellement presque un état de guerre entre la Bolivie et le Paraguay. Tous les postes nous avaient signalés au passage venant de Bolivie !! Aussi on ne veut rien écouter, nous parlementons, disant que nous sommes Français »... Le directeur de l’usine ayant répondu d’eux, on les laisse partir par bateau pour Asunción : « Nous télégraphions à Buenos Aires de nous envoyer un moteur et un mécano. Il arrive trois jours après. Nous le chargeons sur une sorte de chaland mixte ». Au bout de sept jours, ils arrivent : « on débarque le moteur,on le transporte en char à bœufs au lieu de la panne, et pendant que mes deux mécanos montent le moteur, je mène pendant cinq jours la vie de trappeur. À cheval toute la journée, révolver à la ceinture et carabine à l’épaule, je me ballade avec les “peones” de l’estancia, tuant des perroquets, des singes chassant la panthère (j’en ai deux peaux très jolies) et le sanglier, pêchant, mangeant la viande tuée sur place et buvant l’eau des fossés, bref presque la vie d’un héros de Fenimore Cooper ! Le soir, par exemple dévoré par les moustiques, de véritables nuages de pucerons, car nous couchions dehors. Le moteur monté, je quitte non sans regret le lieu, somme toute réjouissant et avec en plus comme passagers, un petit sanglier et des perroquets, je parviens à m’enlever au milieu des herbes et des arbres et à rejoindre Asuncion, puis Buenos-Aires. Trois jours après, je retourne à Asuncion pour aller à Rio sans escale. Je réussis à atteindre Santos où je me pose pris dans la tempête, et je suis rentré avant-hier à Buenos-Aires. Donc en quarante jours, j’ai passé trois jours chez moi et que d’aventures encore ! »… Il va partir pour le Chili « faire un voyage d’études et de propagande pour une nouvelle ligne. Et en décembre ou janvier, je pars pour les Antilles, en voyage d’études également. Nous voudrions aller jusqu’à Panama rejoindre la ligne Nord-Américaine ». Il raconte les pourparlers pour son « projet de vol transatlantique » avec M. de Sieyès ; Bouilloux-Lafont le subventionnerait, « soit pour Paris-New York, soit pour Paris-Buenos-Aires sans escale. […] mon raid sera une bonne propagande pour la compagnie ». Il viendra en France pour la mise au point de l’appareil, notamment « pour augmenter la sécurité en cas de panne », et pour les essais. Il a l’intention de demander à Le Brix d’être son navigateur… Correspondance, n° 148. Provenance : - Jean Mermoz (1901-1936) ; - Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ; - Puis dans la famille par descendance

Vente

Souvenirs Historiques
mardi 3 novembre
11:00
7, rond-point des Champs-Élysées
75008 Paris, France

Maison de ventes

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