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Chandeliers, flambeaux et candélabres

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‘‘PAIRE DE GRANDES GIRANDOLES À TROIS BRANCHES, CISELÉES ET DORÉES D'OR MOULU sur des cigognes de porcelaine'' Époque Louis XV - Paris, vers 1750-1752 Porcelaine polychrome ; bronze ciselé et doré Restaurations H. 58 cm et H. 57,5 cm PROVENANCE Ancienne collection Marquise de Pompadour, livrés par Lazare Duvaux le 14 février 1752 Ancienne collection Nicolas Beaujon, Paris, Hôtel d'Evreux (attesté en 1787) Ancienne collection Feuchère (acheté par Lucien François Feuchère à la vente des collections de l'hôtel d'Évreux, le 25 avril 1787, lot 325) Vente AuctionArt Rémy Le Fur & Associés, à Paris, Hôtel Drouot, le 4 décembre 2019, lot 215 Collection privée Notre paire de candélabres est constituée par des échassiers en porcelaine polychrome, appuyés contre un tronc d'arbre au naturel et agrémenté par un groupe de champignons Lingzhi colorés dans des tons de rose. Ces échassiers, désignés sous le nom de cigogne dans les inventaires anciens, sont en fait des grues du Japon ou de Mandchourie - reconnaissables à la tâche rouge sur la tête, au bec noir, au cou souligné de la même couleur et au plumage noir aux extrémités des ailes et de la queue. Derrière chaque oiseau se dresse un second tronc en bronze doré d'où jaillissent trois branches mouvementées, à feuilles et à petits fruits de pavot, formant bras de lumière. Les bobèches à feuilles dentelées supportent le binet, lui aussi en forme de fruit de pavot éclaté. L'ensemble repose sur une terrasse à rocailles montée sur une base à feuilles formant volutes et contre-volutes ajourées, également en bronze doré. Ces luminaires sont ceux fournis à la Marquise de Pompadour (1721-1764) le 14 février 1752 par le marchand mercier Lazare Duvaux (1703-1758), la fameuse « paire de grandes girandoles à trois branches, ciselées & dorées d'or moulu, sur des cigognes de porcelaine » figurant dans son Livre- Journal sous le numéro 1049, facturée 1 320 livres. Les pavots de bronze, fleur du sommeil, suggèrent qu'ils étaient destinés à sa chambre. Une autre paire de chandeliers en bronze, de dimensions plus petites, ornés de cigognes en porcelaine blanche de Dehua est longtemps passée pour avoir été celle livrée par Lazare Duvaux à la Pompadour en 1752 (fig. 1). Or, la monture en bronze doré de ces candélabres provenant de l'ancienne collection Balsan se rattache stylistiquement à l'époque 1730-1740. La base formant des pieds à fortes rocailles sont Régence et il est difficile à croire que Duvaux, marchant à la pointe du goût du jour, ait pu vendre à la Marquise des pièces dont le style était passé de mode depuis une dizaine d'années ! Mais surtout, cette paire est en porcelaine blanche et non, comme la nôtre, en porcelaine polychrome. Alors que nous croyions, la trace des candélabres perdue après le décès de la Marquise de Pompadour en 1763, nous la retrouvons en 1787 à l'occasion de la dispersion des meubles et objets d'art contenus à l'Hôtel d'Évreux : « Deux girandoles à trois branches à rinceaux d'ornements et terrasse en bronze doré, le milieu orné d'une cigogne de porcelaine de la Chine nuancée de brun et perchée sur tronc d'arbre pris dans la porcelaine ». A la fin de l'année 1753, la Marquise de Pompadour avait acquis l'Hôtel d'Évreux, actuel Palais de l'Elysée, qui après son décès en 1763 devint sur décision royale l'Hôtel des Ambassadeurs extraordinaires. Ainsi sorti de la Succession, son contenu ne fut pas inventorié. Il fut ensuite acquis en 1773 par Nicolas Beaujon (1718-1786). A la mort de ce puissant banquier et grand collectionneur, l'Hôtel fut enfin inventorié et les collections dispersées. Nos candélabres furent vendus le 25 avril 1787, sous le numéro 325, et acquis à cette occasion par Lucien François Feuchère. Ils réapparaissent en 2019 dans une vente de Me Le Fur à Paris. REMERCIEMENTS A Monsieur Calin Demetrescu qui nous a autorisé à publier le contenu de ses recherches. Au Cabinet Etienne-Molinier qui a complété cette étude en retrouvant la mention de 1787.

Estim. 180 000 - 250 000 EUR

FRANÇOIS RÉMOND (Paris, 1747 - 1812) - PAIRE DE CANDÉLABRES À DÉCOR DE PAVOTS Paris, fin du XVIIIe siècle Bronze ; marbre de Saint-Berthevin Quelques petits manques H. 86 cm, D. 24 cm Provenance Collection Mme P. Cette magnifique paire de candélabres présente des pots à feu en marbre rouge de Saint-Berthevin, sommés d'un bouquet de pavots émergeant d'un vase de raisins, pampres et roses duquel se détachent trois grands bras de lumière que surmontent trois autres plus petits. Ils s'élèvent au-dessus d'un trépied, formant cage, porté par une base à doucine agencée de rangs de feuilles d'eau, perles, grattoir et têtes de faune, en appui sur trois pieds toupies ornés de feuilles de laurier. Les trois montants incurvés à têtes et pied de bouc sont réunis à mi-hauteur par une bague à ressauts ornées de palmettes au milieu de laquelle passe un serpent enroulé autour d'une tige torsadée. Les écailles et les anneaux finement ciselés accentuent le naturalisme saisissant du reptile représenté gueule ouverte. Notre doreur ciseleur François Rémond pourrait avoir puisé son inspiration dans le recueil d'ornement de Gilles-Paul Cavet où une planche publiée en 1777 montre un brûle-parfum tripode à serpent enroulé en appui sur deux têtes de bélier (fig. 1). L'ajout du pavot, la fleur du sommeil, laisse penser qu'il destinait peutêtre sa paire de feux à une chambre à coucher. Par leur structure, nos candélabres rappellent la paire du Louvre dont l'auteur pourrait être Rémond luimême (fig. 2).

Estim. 35 000 - 50 000 EUR

D'après CLODION, CLAUDE MICHEL DIT (Nancy, 1738 - Paris, 1814) - PAIRE DE GRANDS CANDÉLABRES À FIGURES D'ÉGYPTIENNE Époque Louis XVI Bronze ciselé, patiné et doré ; porphyre H. 98 cm, L. 32 cm, P. 23 cm Numéro d'inventaire des collections Rothschild, à l'arrière, en rouge : 2214 R PROVENANCE Ancienne collection Baron Alain de Rothschild (vente à Drouot, le 14 mars 1986, lot 42) Cette grande paire de candélabres de près d'un mètre de haut se remarque par la qualité de ses figures féminines qui s'élèvent sur un tambour en porphyre orné de bronze doré. Elles se font face, tenant dans leur bras opposé un grand vase posé sur un tertre rocailleux. Du vase s'échappent trois bras de lumière mêlés d'épis de blé et un caducée sommé d'un bouquet de fleurs au naturel. Elles diffèrent l'une de l'autre par leur vêtement et par leur coiffure. Ces jeunes femmes dérivent de l'Égyptienne au naos de Clodion. Clodion réalisa deux versions de cette sculpture qui mesure moins de 50 centimètres de haut ; la terre cuite conservée au Louvre, vêtue et coiffée de la même façon que notre figure de droite (fig. 1) et celle exposée à Vienne en 1968, qui enlace comme ici un vase au lieu du naos (reproduite dans le catalogue de l'exposition Angelika Kaufmann, n° 170). Il existe plusieurs variantes de ces candélabres à figures d'Égyptienne, d'après Clodion, dont Dominique Daguerre semble avoir eu l'exclusivité. On signalera, par exemple, le modèle à quatre lumières au Cleveland Museum, identique à la paire provenant de l'ancienne collection Sigismond Bardac (fig. 2). Plus proche du nôtre, celui du palais de Pavlosk à quatre lumière et à un caducée (fig. 3). La paire de candélabres que nous présentons provient de l'ancienne collection du baron Alain de Rothschild (fig. 4), se distingue par la qualité de fonte de ses Égyptiennes, manifeste dans le rendu du drapé mouillé qui laisse transparaître le nombril de la figure de gauche.

Estim. 100 000 - 150 000 EUR