Pendules

Lots recommandés

ANDRÉ-CHARLES BOULLE (Paris, 1642-1732) ET NICOLAS HANET (maître horloger à Paris avant 1712) - CARTEL À FIGURES DU TEMPS ET DES PARQUES Paris, premier quart du XVIIIe siècle Ébène, bâti en chêne ; laiton et écaille ; bronze doré ; verre et émail Restaurations d'usage et suspension modifiée H. 86,5 cm, L. 39 cm, P. 16,5 cm Mouvement signé : Hanet Paris « Une boeste contenant les modeles de la pendule a Parques avec le Temps isolé » est inventoriée dans l'atelier du célèbre ébéniste, sculpteur et ciseleur du Roi, André-Charles Boulle, en 1732. Le Musée du Louvre en conserve un exemplaire, avec sa console (fig. 1). Comme celle que nous présentons, le boîtier à fronton cintré repose sur deux montants ornés d'une coquille sur console et terminés par un enroulement feuillagé ; il est fermé par trois vitres (dont une manquante) et un fond de glace. Au sommet, la figure du Temps s'est couchée pour observer le travail des Parques dont les figures en bronze sont appliquées contre la vitre antérieure. Les trois soeurs manipulent le fil de la vie : Clotho dévide le fil de sa quenouille, Lachésis le mesure, Atropos le coupe. Les deux cartels dérivent d'un même modèle dessiné et gravé par André-Charles Boulle, puis publié par Mariette en 1707 (fig. 2). Aucune des pendules aux Parques du maître n'est rigoureusement identique. Celle du Louvre présente une inscription et une base festonnée tandis que celle de l'ancienne collection Charles Stein ne porte que l'inscription et celle de San Donato seulement la base (fig. 3 et 4). La nôtre, qui repose sur quatre pieds en boutons de fleur, a conservé son balancier et son mouvement d'époque réalisé par le maître horloger Nicolas Hanet.

Estim. 70 000 - 100 000 EUR

Cartel et sa console en bronze ciselé et doré, la caisse mouvementée sommée d'un amour tenant une faux, le cadran surmonté d'un feuillage rayonnant ajouré, souligné de rocaille et d'un mascaron sur un fond de treillage, les pieds à volutes de palmes. Le socle à décor de rocailles, agrafes et palmettes d'où émerge un coq en furie. Cadran émaillé signé comme le mouvement « Gudin à Paris ». Epoque Louis XV, vers 1745-1750. Estampillé Saint Germain et JME à l'arrière de la caisse. Poinçon au C couronné de plusieurs tailles répétés sur les bronzes. H. : 123cm (130cm avec la faux de l'ange). Petits accidents, suspension modifiée. Provenance : - Grande collection aristocratique parisienne. Selon la nomenclature établie par Alexandre Pradère, notre cartel dérive du modèle crée par Charles Cressent vers 1735 et dont la production se poursuivra après 1750 dans l'atelier de Saint Germain père et fils. Alexandre Pradère recense sept exemplaires de ce modèle, celui-ci serait donc le huitième, inconnu jusqu'alors. La présence de nombreux poinçons au C couronné date les bronzes de notre cartel entre février 1745 et février 1749, mais l'estampille de Saint Germain situerait sa création à partir de 1750, tout comme l'accession à la maitrise de Gudin (1750). Faut-il y voir une œuvre de Charles Cressent reprise par Saint Germain qui aurait utilisé les bronzes du premier sur une de ses caisses ? Ou plus probablement une collaboration des Saint Germain père et fils, le premier pour les bronzes, le second pour la caisse et les cotés en feuille de laiton. Il parait difficile et audacieux d'affirmer une attribution, car comme le rappelle Alexandre Pradère, la paternité de ce modèle dit « à masque de femme, second modèle rocaille avec socle au coq » reste controversée. Ouvrage consulté : -Alexandre Pradère, Charles Cressent, Dijon, 2003, pp.180-183 et pp. 297-298.

Estim. 30 000 - 50 000 EUR

JACQUES-LAURENT COSSON (Paris, 1737 - 1812 ; maître en 1765) - SECRÉTAIRE DE DAME ORNÉ D'UNE PLAQUE DE SÈVRES Décor peint par André-Vincent Vieillard (1717-1790) Époque Louis XVI - Paris, vers 1770 Bois de citronnier, bois clair, filets d'ébène et de buis ; porcelaine tendre de Sèvre peinte ; bronze doré ; marbre blanc Meuble présenté dans son vieil état ; transformations dans le cartonnier H. 132 cm, L. 58 cm, P. 33,5 cm Estampillé Notre secrétaire, couronné d'un plateau de marbre ceint d'une galerie discontinue, repose sur quatre pieds toupies. La partie supérieure, rehaussée par une terrasse en doucine, ouvre à un abattant centré d'une plaque en porcelaine de Sèvres peinte, encadrée d'une marqueterie de feuillages et d'un liseré en damier. La partie inférieure, à deux vantaux marquetés d'un treillage à quartefeuilles, s'enrichit de bronzes dorés. La ceinture est ornée d'une frise ajourée feuillagée. Et deux colonnettes à fût balustre ont pris place aux angles. Suivant l'exemple de Simon-Philippe Poirier (vers 1720-1785), notre ébéniste Jacques-Laurent Cosson a agrémenté son secrétaire d'une plaque en porcelaine tendre de Sèvres représentant une scène paysanne. Le décor polychrome est attribué au peintre sur céramique André-Vincent Vieillard, actif à la Manufacture de Sèvres à partir de 1756. Il s'est peutêtre inspiré d'une composition de Téniers pour représenter cette fermière nourrissant ses poules et son dindon dans la basse-cour où deux enfants jouent à ses côtés. Le cartel central, bordé d'une frise de motifs, se détache sur un fond bleu nouveau orné de frises de postes feuillagées, de guirlandes, de filets et de rosaces aux écoinçons. Notre secrétaire est un bon exemple des recherches menées par Jacques-Laurent Cosson pour séduire une clientèle aussi friande de nouveautés que l'étaient Madame de Pompadour, Madame du Barry, le duc de Choiseul ou le comte de Caylus. On lui connaît aussi une paire de cabinets ornée de plaques de Sèvres à l'imitation du Wedgwood, provenant de l'ancienne collection du Vicomte Clifden (fig. 1).

Estim. 15 000 - 20 000 EUR