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Sculptures, bronzes

Bois, terre cuite, plâtre, pierre, ivoire, marbre, métal, bronze : les ventes aux enchères de Sculptures, marbres et bronze conjuguent l’art et la matière.
Ces ventes live font la part belle à la sculpture classique, des statuettes en bronze de la Renaissance italienne aux portraits en marbre blanc de Jean-Antoine Houdon en passant par les bustes en terre cuite d’Augustin Pajou. Des Vierges à l’enfant aux sculptures animalières d’Antoine-Louis Barye, Rembrandt Bugatti et François Pompon, impossible de rester de marbre devant une telle profusion de sculptures en bois, de têtes en plâtre, de bustes en pierre et de fontes anciennes à la cire perdue.
Les sculpteurs modernes et contemporains font aussi les délices des initiés dans ces ventes online Sculptures, marbres et bronzes qui rassemblent Auguste Rodin, Camille Claudel, Aristide Maillol, Alexander Calder, Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, Arman, César, ainsi que la star des ventes aux enchères Alberto Giacometti.
Le saviez-vous ? Cent ans après la mort d’Auguste Rodin, une épreuve en bronze patiné de l’Eternel Printemps signée par ce génie de la sculpture s’est envolée près de deux millions d’euros à Drouot.
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Lots recommandés

Jean HENNINGER (1916-1994) Scène de chasse - LOT VENDU SUR DESIGNATION. Bas-relief en pierre. Taille directe. 1949 H. : 451 cm L. : 276 cm P. : 22 cm (Petits accidents) Exposition possible sur rendez-vous à l'hôtel des ventes de Gien. Vendu assemblé (14 pièces de 200 à 400 kg chacune. Dépose à la charge de l'acquéreur). Provenance : - Collection privée, Strasbourg (Vila Engel), c. 1948 - Collection privée, Strasbourg (1 place Bouecler) - Raymond Keller, Strasbourg, c. 1975 - Collection privée, France Bibliographie : - Musée de la Ville de Strasbourg, Se reconstruire. La vie artistique en Alsace après-guerre, autour de l’œuvre de Jean Henninger (1919 – 1994), catalogue accompagnant l’exposition du 28 janvier 2016 au 21 avril 2016 au Musée Alsacien de Strasbourg. Illustré fig. 5 (dimensions erronées) Directement inspiré des laques de Jean Dunand pour le paquebot Normandie, cet imposant bas-relief en pierre reprend les éléments du décor original, démonté après l’incendie accidentel du bateau dans le port de New York en 1942. Une œuvre tout à fait caractéristique de la période « art-déco », mais aussi un hommage évident au grand maître laqueur que fut Dunand. De telles créations fleurirent dans toutes les grandes métropoles françaises dans le courant des années 30 avant de disparaitre progressivement à la fin des années 40. À la destinée souvent éphémère, ces décors destinés à orner façades, casinos ou autres monuments publics prestigieux comme les pavillons d’Expositions Universelles, furent souvent démontés ou détruits au fil du temps. Beaucoup disparurent tout bonnement et il est donc rare de voir ressurgir de tels ensembles sur le marché. Cette œuvre d’une qualité plastique exceptionnelle, témoigne aussi de l’importance de l’œuvre de Dunand dans l’esprit des décorateurs français de l’époque, mais aussi de la liberté que purent prendre certains artistes face à des modèles devenus quasi archétypaux. Ici, tout en s’inspirant directement de l’œuvre du maitre laqueur, le sculpteur alsacien Jean Henninger exprima toute sa liberté créatrice, modifiant à loisir la composition originale, y ajoutant même des éléments tout à fait personnels, faisant ainsi la démonstration d’une incroyable prouesse technique dans la taille de la pierre, le rendu des reliefs et de la profondeur, et la maitrise resserrée de la composition. D’une dimension tout à fait inédite un tel ensemble pourrait aisément combler la façade d’un immeuble haussmannien, sur au moins deux étages. Un petit chef-d’œuvre qui rappelle à s’y méprendre les compositions monumentales d’un Alfred Janniot pour le Palais de la Porte Dorée, ou d’un Raymond Delamarre illustrant Le Livre de la Jungle ; plus loin encore, les bas- reliefs mésopotamiens, égyptiens ou khmers, dans lesquels les artistes décorateurs vinrent puiser leur inspiration à merci.

Estim. 15 000 - 20 000 EUR

DEUX BUSTES formant pendant D'HOMMES D'ÉTAT ROMAINS BUSTE DE CICÉRON Italie, fin du XVIIe siècle Marbre blanc ; piédouche en bois peint à l'imitation du marbre H. 81 cm, L. 60 cm, P. 24 cm et Entourage de François GIRARDON (Troyes, 1628 - Paris, 1715) BUSTE DE GÉNÉRAL ROMAIN France, fin du XVIIe siècle Marbre blanc ; piédouche en marbre rouge H. 84 cm, L. 62 cm, P. 23 cm Ces deux bustes formant pendant représentent deux illustres romains, le plus fameux des orateurs et un général ayant probablement dirigé les campagnes d'Afrique. Le buste en marbre blanc, drapé dans une lourde toge gansée de fines franges, présente un visage connu. Le visage d'un important orateur romain dont le buste se trouve aux Offices et que la tradition a longtemps identifié avec Cicéron (fig. 1). Cette tête redécouverte dans la première moitié du XVIIe siècle à Rome, lors de la construction de l'église Saint-Ignace, fut d'abord offerte au Cardinal Ludovico Ludovisi qui la donna ensuite au Cardinal Léopold de Médicis. En 1695, le Prince Johann Andreas I de Liechtenstein en acquis une copie en bronze réalisée par le sculpteur des Médicis (fig. 2). Dans l'Europe du XVIIe siècle, Marcus Tullius Cicero (106-43 avant notre ère) incarnait un modèle d'honnête homme, celui qui maîtrisait le genre de la conversation. Son De Officiis devait servir à la rédaction des traités de civilité tandis que son portrait sculpté en marbre ornerait les demeures aristocratiques. A l'instar du buste de l'ancienne collection du duc d'Aumale (fig. 3) ou du nôtre exécuté d'après la tête antique actuellement conservée aux Offices à Florence (fig. 1). L'autre buste, également en marbre, représente un chef de l'armée romaine, un Général ou un Empereur. Sa cuirasse est timbrée d'un éléphant en médaillon dans une couronne de laurier enrubannée qui évoque les monnaies antiques mais qui pourrait aussi suggérer des victoires en Afrique. La tunique qui s'échappe du col, le drapé plissé et frangé, agrafé au pectoral, la chaîne de médaillons ajourés flottant en écharpe sont empruntés au buste d'Alexandre de François Girardon (fig. 4). Le sculpteur avait complété la tête en porphyre dont l'avait gratifié Mademoiselle Aguillon pour le tombeau du Cardinal de Richelieu. Les accessoires du costume furent réalisés en bronze doré. Le buste d'Alexandre, exposé à l'Académie en 1699 et acheté par le Roi en 1738, appartenait à la collection personnelle de l'artiste. Il avait aménagé une galerie au fond de son atelier au Louvre qu'il faisait visiter et qu'il fit dessiner par son élève sculpteur René Charpentier puis graver par Nicolas Chevallier. La Gallerie de Girardon imprimée à Paris en 1709 s'ouvrait sur cette figure d'Alexandre (fig. 5). Il était connu du tout Paris mais seul un ciseau habile, familier de l'OEuvre et de la manière du maître aurait pu s'approprier avec une telle intelligence ces détails du costume qui font le génie de notre buste. Nos deux remarquables bustes auraient eu leur place, ensemble, dans la collection d'un grand amateur d'art dans l'Europe du XVIIe siècle comme en témoignent la Galerie de Girardon ou les anciennes collections royales.

Estim. 200 000 - 300 000 EUR

Aristide Maillol (1861-1944) Baigneuse debout Modèle créé en 1900 Épreuve en bronze à patine brune nuancée, fonte au sable Edition par Ambroise Vollard à partir de 1902 Signé " Aristide Maillol " sur la droite de la terrasse H. 63 cm Une attestation d’authenticité d’Olivier Lorquin, membre de la Compagnie nationale des experts affiliée à la Confédération européenne des Experts d’art, en date du 30 juin 2017, sera remise à l’acquéreur Dans son Portrait d’Ambroise Vollard (huile sur toile, vers 1924, 96,5 x 111 cm, Paris, Petit Palais) Pierre Bonnard choisit de représenter le marchand d’art et collectionneur assis à gauche de sa cheminée ornée d’une statuette en bronze représentant un nu féminin debout le bras gauche derrière le dos. La toile du maître met en lumière l’une des toutes premières sculptures produites vers 1900 qui marquent le début de la carrière de sculpteur de Maillol. Il rend hommage aussi au rôle essentiel de Vollard dans la diffusion de cette œuvre, l’une des plus emblématiques de l’artiste. Cette Baigneuse debout témoigne à la fois du goût de l’artiste pour la figuration et dévoile déjà son style tout per- sonnel, épuré et serein, qui va faire son succès. Le modèle original exécuté en bois a vu le jour vers 1897-1900 et a rapidement été acquise par la princesse Bibesco. Cette baigneuse pourrait être celle que Vollard cite dans ses Souvenirs d’un marchand de tableaux, initiant l’édition en bronze des premières œuvres sculptées de Maillol : « j’avais dit à Maillol qui venait de donner le dernier coup de ciseau à une statuette en bois: « Si l’on en faisait un bronze ? -Un bronze ? Confiez-moi la statuette, je m’en charge ». Le sujet (modèle n°3 dans le tableau présentant le Catalogue des sculptures de Maillol éditées par Ambroise Vollard établi par Ursel Berger) a fait partie des vingt-deux œuvres dont la propriété et le droit d’édition ont été cédés dès 1902 à Ambroise Vollard. Il fut ensuite repris en terre cuite et tiré en bronze, en plusieurs versions présentant des variantes, notamment le drapé et la terrasse et des dimensions différentes (H.64, 66 et 75 cm). Notre exem- plaire s’apparente à la première version, dont la première fonte en bronze fut réalisée par la fonderie Bingen & Costenoble. Notre exemplaire en bronze a, quant à lui, été édité par Vollard, du vivant de Maillol, selon un contrat rédigé en 1902 entre l’artiste et le marchand d’art. Comme c’était majoritairement encore l’usage en ce début du xxe siècle, ce contrat n’a pas établi de limitation de tirage. Œuvres en rapport • Aristide Maillol, Baigneuse debout, 1899, bois, H. 77 cm, Amsterdam, Stedelijk Museum, inv. BA 85; • Aristide Maillol, Baigneuse debout, 1900, bronze, H. 64 cm, fonte Bingen et Costenoble, signé " Arstide Maillol (Sic) ", Brême, Bremen Kunsthalle; • Aristide Maillol, Baigneuse debout, avant 1902-1904, statuette en zinc, H. 67 cm, signé sur la base Aristide Maillol, Paris, musée Rodin, S.00579. Littérature en rapport • A. Vollard, Souvenirs d’un marchand de tableaux Paris, Albin Michel, 2007, p.280 • U. Berger et J. Zutter, Aristide Maillol, édition Prestel, Munich, 1996, n°33, p.204, • Ss. dir. J.-B. Auffret, E. Turbat et O. L. Wootton, Ursel berger, Elisabeth Lebon, Maillol (re)découvert, Galerie Malaquais, éd. Gourcuff Gradenigo, Paris, 2021 • Ss. dir. O Ferlier-Bouat et A. Le Normand-Romain, Aristide Maillol (1861-1944) La quête de l’harmonie, cat. Expo tenu à Paris, musée d’Orsay 12 avril-21 août 2022, Zurich, Kunsthaus Zürich, 7 octobre 2022- 22 janvier 2023, Roubaix , La Piscine musée d’Art et d’Industrie André-Diligent 18 février-21 mai 2023, pp. 124-135.

Estim. 90 000 - 120 000 EUR

François Galoyer (1944) Jeune palombe Épreuve en bronze à patine brun vert nuancée Fonte à la cire perdue Signé : " Galoyer " Numéroté: 3/8, poinçon " Ciselure d’Art d’Ile de France (CAI) " sur le bas de la queue à l’arrière 40,5 x 13 x 25,5 cm Fançois Galoyer puise l’inspiration au cœur des forêts de son enfance en Seine-et-Marne où, depuis 1970, il y a construit son atelier. Entre 1962 et 1969, Volti, puis les frères Joachim, eux-mêmes praticiens dans l’atelier de Pompon, lui enseignent les techniques de la taille directe sur pierre, puis sur bois. À partir des années 1970, il développe un registre formel de volumes pleins, de formes épurées, issu tout droit du monde animal. Hibou, faucon, perdrix, mésange ou hamster, taupe, lapin, surgissent dans des bois nobles, des pierres audacieuses…la grande variété des sujets démontre une préférence pour les oiseaux et les animaux sauvages, et un attachement à la grandeur nature. Galoyer édite la plupart de ses sculptures en bronze tout en portant une attention particulière à leurs patines. Certains sujets sont aujourd’hui épuisés. De son atelier en pleine nature, porté par un émerveillement pour la nature intact depuis plus de quarante ans, il envoie régulièrement ses sculptures aux Salons d’Automne, des Artistes Français et devient un fidèle du Salon National des Artistes Animaliers où il reçoit le Grand Prix Animalier Édouard-Marcel Sandoz en 1991. Distinctions : - 1986 : Prix « Édouard Marcel Sandoz » décerné par la Fondation Taylor, Salon d’Automne - 1988 : Médaille de bronze, Salon des Artistes Français - 1988 : Médaille de bronze, Salon des Artistes Animaliers - 1991 : Prix des Animaliers, Biennale de la Société Nationale des Beaux-Arts - 1991 : Grand Prix Animalier « Édouard-Marcel Sandoz », Salon National des Artistes Animaliers - 1992 : Médaille d’or, Salon des Artistes français - 1999 : Prix de sculpture, Société Nationale des Beaux-Arts Bibliographie : - HACHET Jean-Charles, Les bronzes animaliers, de l’antiquité à nos jours, deuxième édition, Tome II – L’époque contemporaine. - XVe Salon National des Artistes Animaliers, 19 octobre – 17 novembre 1991, Hôtel de Malestroit – Bry-sur-Marne. PHOTOS : 2 PHOTOS à PRÉVOIR : 1 PORTRAIT + 1 VUE DE L’ATELIER

Estim. 1 500 - 2 000 EUR

François Pompon (1855-1933) Canard sur l’eau, 1911-1922 Épreuve en bronze réalisée du vivant de l’artiste Fonte au sable, probablement de Florentin Godard Sans cachet de fondeur Sans numérotation, sans signature 14 x 16 x 9,5 cm Le certificat d’authenticité de l’œuvre, délivré par Mme Liliane Colas, expert Union Française des Experts, spécialiste de l’œuvre de François Pompon, sera remis à l’acquéreur. Provenance : France, collection particulière, par succession. Praticien pour les plus grands sculpteurs de la fin du XIXè siècle, Pompon taille des marbres pour Mercié, Falguière, Rodin et Claudel entre 1880 et 1914 tout en commençant à réaliser des modèles pour son compte personnel. À partir de 1905, son œuvre marque une rupture, à la recherche d’une synthétisation de la forme éliminant le détail au profit de la ligne et du contour. Si l’art animalier est jusqu’alors à rapprocher des arts décoratifs, Pompon le hisse au rang de la modernité, où prédomine la forme pure plutôt que la représentation naturaliste. Le canard figure parmi les modèles que Pompon décline selon plusieurs versions au cours de sa vie. Debout, prenant son envol, entrant dans l’eau ou nageant, le sujet évolue vers une densification du volume, la base fusionnant avec l’animal, le dessin reposant sur une attention particulièrement concentrée sur le contour. Il travaille à plusieurs versions du Canard sur l’eau entre 1911 et 1922. La première, datée de 1911 dans le catalogue raisonné de l’œuvre de l’artiste est éditée à 3 exemplaires par Aurélien-Adrien Hébard entre 1918 et 1928. Le canard repose sur une terrasse ovale représentant l’eau. Une deuxième version, datée de 1922, est répertoriée en plâtre, exécutée en marbre et en bois et éditée à 3 exemplaires par Claude Valsuani sur une base rectangulaire. L’un d’entre eux est conservé à Dijon, au musée des Beaux-Arts. La troisième version, dont un plâtre est conservé au musée d’Orsay, est à rapprocher de notre modèle. Cette version résulte d’une étude pour un vase réalisé en pierre en 1921 pour l’exposition La Douce France organisée en 1922 à la galerie Barbazanges. Sur le rebord du vase étaient certainement disposés plusieurs canards. Plus tard, le canard reposant sur une base en arc de cercle, similaire à la bordure d’origine fait l’objet d’une édition posthume à la cire perdue de 12 exemplaires, fondus par Claude Valsuani, signés et numérotés. Le Canard sur l’eau, par un travail complexe de la forme, parvient à une simplicité du volume. Ce travail est à rapprocher de celui du Phoque de Brancusi (1943), de L’Oiseau d’Or d’Ossip Zadkine ou encore de La Créature sur l’eau d’Émile Gilioli, toutes s’inspirant de l’animal pour parvenir à un synthétisme extrême. Toujours resté dans la famille de son premier acquéreur, ce tirage a très certainement été réalisé pour lui. En l’état actuel des connaissances, il s’agit du seul tirage connu à ce jour réalisé du vivant de l’artiste. Littérature en rapport • Sculptures en taille directe et tapisserie, première exposition organisée par la revue La Douce France à la Galerie Barbazanges, 3-19 avril 1922, n°126 (vase aux canards en pierre du Jura en cours d’exécution, non reproduit). • Catherine Chevillot, Liliane Colas, Anne Pingeot, Pompon 1855-1933, Gallimard / Electa, Réunion des musées nationaux, 1994, p 183 (n°12C). • Élisabeth Lebon, Dictionnaire des fondeurs de bronze d’art, France 1890-1950, Perth (Australie), Marjon Edi- tions, 2003.

Estim. 30 000 - 50 000 EUR

Henri Frédéric ISELIN (1825-1905) Buste de Jeune romain ou L’Observation Buste en marbre blanc. Signé " H.F ISELIN " sous l’épaule gauche. H. env. 48 cm PROVENANCE : Paris, Galerie André Lemaire ; puis collection privée. Élève de Rude, Henri-Frédéric Iselin qui débute au salon de 1849 est considéré par la critique comme un portraitiste de qualité. On loue en effet le « réalisme de la forme et l’idéalité de l’expression » (Émile Cantrel, « Salon de 1863 », in La Revue l’artiste, 1863, t.1, p.185) de ses portraits pour lesquels il obtient de nombreuses récompenses. L’artiste exécute de nombreux bustes officiels, tels celui du président Boileau ou encore de Napoléon III et du Duc de Morny. En 1851 il exécute le buste d’un jeune homme imberbe, intitulé Buste de jeune romain présenté au Salon, acquis par l’État et qui lui vaut une médaille de troisième classe l’année suivante. Lors de l’Exposition Universelle de 1855, il expose cette œuvre avec une autre tête d’expression « bien caractérisées » pour lesquelles il reçoit une médaille de troisième classe. Les archives du Musée d’Orsay conserve une photo des années 1990 de notre buste, qui est actuellement considéré comme la seule répétition connue de ce modèle. ŒUVRE EN RAPPORT : Henri Frédéric Iselin, Buste de jeune romain, marbre, H. 48 L. 35 P.  21 cm, inscription en creux à droite sur la base ISELIN 1851, dépôt du musée d’Orsay (inv. ML 142), musée de Lons le Saunier Inv. D 2003.1.1 LITTERATURE EN RAPPORT : Christiane Dotal, « Coup d’œil sur l’œuvre du sculpteur portraitiste Henri Frédéric Iselin », in Revue Haute-Saône Salsa, n°40, octobre-décembre 2000 ; Eugène Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l’école française du XIXe siècle, tome III, p. 185 ;

Estim. 1 500 - 2 000 EUR

Virgilio AUDAGNA (Cannes, 1903 - Turin, 1993 ou 1995) - LE PRINTEMPS ET L'ÉTÉ Turin, première moitié du XXe siècle Terre cuite Craquelures et manques Le Printemps : H. 163 cm, L. 59,5 cm, P. 45 cm L'Été : H. 173 cm, L. 64 cm, P. 51 cm Signé sur le côté de la terrasse du Printemps, à droite, en caractères cursifs : audagna Ces deux sculptures monumentales en terre cuite formant paire sont l'oeuvre de Virgilio Audagna qui a représenté ici deux nus féminins grandeur nature. L'une, tête penchée, le visage encadrée par ses deux nattes, porte une simple cape. Elle marche d'un pas tranquille sur la terrasse jonchée de fleurs, en direction d'un crocus qui annonce le Printemps. En pendant, l'Été assise sur trois gerbes de blé. La tête rejetée en arrière, son chapeau à larges bords rabattu derrière les épaules, un léger drapé dans la main gauche, elle semble prendre un bain de soleil. Nos Saisons marquent l'apogée de la carrière de l'artiste formé à l'Accademia Albertina de Turin. Il expose pour la première fois en 1919, après un séjour à Rome, et c'est un véritable succès. Le Roi Vittorio Emmanuele III lui achète son oeuvre. Dès les années 1920-1930, il reçoit de nombreuses commandes publiques, civiles et religieuses. Il s'illustre alors par ses nus féminins qui lui auront valu sa première exposition personnelle en 1947. On pense au nu présenté lors de l'Esposizione della Società Promotrice delle Belle Arti, au musée d'Art moderne de Turin en 1942 et acquise par la Province (fi g. 1). Cett e terre cuite représente une femme assise sur un rocher dont la posture générale du corps et l'expression du visage sont très proches de celles que montrent nos fi gures. Elle leur est aussi comparable dans le dessin de la poitrine et de l'abdomen. Mais les nôtres sont bien plus grandes.

Estim. 45 000 - 50 000 EUR

Julio Gonzalez (1876-1942) Masque d’adolescent, 1929-1930 Épreuve en bronze, n°1/8 Fonte à la cire perdue Claude Valsuani, mars 1970 Signé : " GONZALEZ © " 31 x 17 x 3,5 cm Provenance : Galerie de France, Paris Collection particulière française, acquis en 1987 Dans l’atelier familial d’orfèvres, à Barcelone, Gonzalez apprend à travailler les métaux tout en étudiant le dessin et la peinture à l’école des Beaux-Arts. En 1900, la famille Gonzalez s’installe à Paris et Julio retrouve son ami Picasso qu’il avait connu à Barcelone. Il se lie d’amitié avec Manolo, Maurice Raynal et Max Jacob. Après la mort de son frère, il abandonne progressivement la peinture et exécute ses premières sculptures en métal repoussé. Malgré les difficultés matérielles qu’il rencontre, il poursuit ses recherches plastiques avec le soutien de Picasso, Gargallo et Despiau. Ce n’est qu’à partir de 1927 qu’il se consacre entièrement à la sculpture et exécute une série de Masques découpés. Le métal est un matériau qu’il connait bien et qu’il peut se procurer facilement. La collaboration avec Picasso et l’apprentissage de la soudure auprès de Gargallo autour de 1927-1928 est déterminante. Masque d’adolescent voit le jour dans ce contexte de création et participe au bouleversement que connaît alors la sculpture en renversant de manière radicale les rapports entre pleins et vides, entre volume et espace. La plaque de métal est travaillée comme une feuille de papier dans l’espace où le vide procède au dessin. Les traits du visage sont réduits à de simples lignes qui forcent le caractère synthétique de la sculpture. « Pour toute cette génération de sculpteurs, le passage du visage au masque marque la rupture. Ruptures avec Rodin, avec le modèle, la psychologie, le modelage [...]. » 1 Ce Masque d’adolescent est une fonte en bronze réalisée à partir de l’original en fer, conservé à l’IVAM (Institut Valencià d’Art Modern), à Valence en Espagne. Elle a été réalisée en 1970 par Roberta Gonzalez, sa fille, en collaboration avec la Galerie de France qui soutient l’œuvre de l’artiste depuis plus de quarante ans. Afin de diffuser l’œuvre de son père resté dans un cercle intime d’initiés - ses amis surréalistes et cubistes, Roberta Gonzalez édite quelques modèles dont la transposition en bronze conserve toutes les valeurs plastiques des originaux en fer, dans le cadre d’une exposition itinérante : Gonzalez, les matériaux de son expression. Une liste des modèles édités en bronze accompagne le catalogue, le Masque d’adolescent étant répertorié sous le numéro 58 2. Par fidélité, Roberta Gonzalez sollicite Claude Valsuani, le fondeur avec lequel Gonzalez avait déjà eu l’occasion de travailler de son vivant. Numérotée 1 sur 8, cette épreuve date de mars 1970. Elle figure parmi les six premiers tirages supervisés par Roberta auprès de Valsuani, les tirages suivants ayant été réalisés plus tardivement par le fondeur Godard. Elle est vendue en 1987 par la Galerie de France à un particulier, qui l’a conservée jusqu’à très récemment. 1. Brigitte Léal, cat. exp., Masques de Carpeaux à Picasso, cat. exp., Paris, Musée d’Orsay (21 octobre 2008 – 1er février 2009) ; Darmstadt, Institut Ma- thildenhöhe (8 mars – 7 juin 2009) ; Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek (août - octobre 2009), Paris, Hazan, musée d’Orsay, 2008, p.211. 2. Julio Gonzalez : les matériaux de son expression, vol. I, cat. exp., Paris : Galerie de France (1970), Paris, Edition Galerie de France, 1970, n°58. Littérature en rapport • Pierre Descargues, Gonzalez, sculpteur du fer, xxe siècle, n°35, décembre 1970, p.151. • Julio Gonzalez : les matériaux de son expression, cat. exp., Paris, Galerie de France (1970), Paris, Edition Galerie de France, 1970, n°58, vol.II • Donacion Gonzalez, Ayuntamiento de Bar- celona, Museo de Arte Moderno, Barcelone, El Ayuntamiento, 1974, n°18 (bronze MAM, Barcelona, non reproduit). • Josette Gibert, Catalogue raisonné des dessins de Julio Gonzalez, volume 8 : Pro- jets pour sculptures, figures, Paris, Editions Carmen Martinez, 1975. • Jörn Merkert (dir.), Julio Gonzalez, cata- logue raisonné des sculptures, Milan, Electa, 1987, n°106, p. 89 (fer reproduit) • Julio Gonzalez dans la collection de l’IVAM, cat. exp., Paris, Fondation Dina Vier- ny-musée Maillol (Paris, 17 novembre 2004- 21 février 2005), Paris, Hazan, Valence, Ins- titut Valenciá d’art modern, 2004, p.47 (fer reproduit). • Mercè Doñate, Julio Gonzalez retrospec- tiva, cat. exp., Barcelone, Musée National d’Art de Catalogne (25 octobre 2008 – 25 janvier 2009) ; Madrid, Musée National Centre d’Art Reine Sofia, (10 mars – 1er juin 2009), Barcelona, MNAC, Museu Nacio- nal d’Art de Catalunya ; Madrid, MNCARS, Museo Nacional Centro de Art Reina Sofía, 2008, n°101, p.80 (bronze MAM, Barcelona reproduit). • Tomàs Llorens Serra, Julio González, Catálogo general

Estim. 60 000 - 80 000 EUR

Karl Hartung - Karl Hartung Grand couché 1951 Sculpture en bronze. Hauteur 91,5 cm. Profondeur 118,5 cm. Longueur 223 cm. - Avec patine anthracite verdâtre. Krause 472 Provenance Galerie Pels-Leusden, Berlin/succession Karl Hartung ; Dr. Carl-Wilhelm Busse, Bielefeld ; Westfalen-Blatt Vereinigte Zeitungsverlage GmbH & Co. KG, Bielefeld La "Grande Couchée" de 1951 compte parmi les œuvres les plus importantes de Karl Hartung, elle est réalisée à l'apogée de son développement artistique. Depuis les années 1920, Karl Hartung poursuit le thème du nu couché, au début encore inspiré de Maillol, puis au cours des années suivantes de manière de plus en plus abstraite. Dans les années 1940, à une époque où Hartung se trouvait dans une véritable frénésie créatrice, il élabora un grand groupe d'œuvres de nus dans lesquelles il expérimentait les formes d'expression formelles les plus diverses. Ces figures anthropomorphes, qui s'éloignent parfois nettement du modèle naturel, sont sans aucun doute inspirées par les sculptures de Henry Moore. L'œuvre de ce dernier a exercé une grande influence sur la sculpture en Allemagne après la fin de la Seconde Guerre mondiale, par le biais de publications. "En ce qui concerne la comparaison souvent évoquée et jamais étudiée entre les sculptures de Karl Hartung et celles de Henry Moore, il convient de souligner la simple différence suivante : les nus allongés de Hartung, en particulier, osent une présence plus sensuelle et donc aussi sexuelle. En d'autres termes, les 'Reclining Figures' de Moore se rapprochent des idoles, ce qui peut être démontré dans l'œuvre de jeunesse en comparaison avec les sculptures précolombiennes ; dans ses archaïsmes ultérieurs, les géantes de Moore sont des formes liées au paysage. Chez Hartung, la femme sculptée reste une femme", expliquait pertinemment Erwin Heizmann dans son texte d'accompagnement de la grande exposition rétrospective de la galerie Pels-Leusden en 1988, lors de laquelle était également présentée la "Große Liegende" (Karl Hartung 1908-1967. Eine Werkübersicht zum 80. Geburtstag. Ausst. Cat. Galerie Pels-Leusden, Berlin 1988, p. 14 et s.). A la fois "somme et point culminant", la monumentale "Grande Couchée", longue de plus de deux mètres, constitue, par son équilibre harmonieux inégalé et son rayonnement sensuel, la conclusion de ce groupe d'œuvres. Les formes du corps, assemblées de manière additive, s'associent en un mouvement ondulatoire allongé, composé de membres appuyés et au repos, les volumes doux et voluptueux du corps sont accentués par le profil en forme de dentelle, tourné vers le ciel. Malgré son statisme et son abstraction, cette figure féminine rêveuse et oublieuse d'elle-même est remplie de vie. "La sculpture est une forme, rien que cela", c'est ainsi que s'exprimait Karl Hartung, dont les efforts artistiques étaient entièrement orientés vers la création d'une forme d'une harmonie intemporelle et globale, sur le modèle de la force créatrice de la nature. Le bronze a été coulé dans la célèbre fonderie italienne Fonderia Artistica Mariani à Pietrasanta, à laquelle Fernando Botero a également confié la fonte de ses sculptures. Un autre exemplaire se trouve en prêt permanent à la Norddeutsche Galerie du Schleswig-Holsteinisches Landesmuseum Schloss Gottorf à Schleswig.

Estim. 150 000 - 170 000 EUR