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Arts du monde

Au top ten des enchères, les arts premiers ne sont pas les derniers. Qu’on les appelle art du monde, arts tribal ou arts tribaux, ces trésors d’Arts d'Afrique, d'Amérique et d'Océanie vendus aux enchères ont fasciné les collectionneurs d’André Breton à Pablo Picasso, de Pierre Vérité à Jacques Kerchache, lequel a contribué à faire entrer au Louvre en 2000 les productions de ces peuples jugés « sans écriture et sans histoire » en préfiguration de l’ouverture du musée du Quai Branly à Paris.
« Les chefs-d’œuvre du monde entier naissent libres et égaux », disait cet amateur au sujet de ces objets magiques venus des quatre coins du globe : d’Afrique (Côte d'ivoire, République du Congo, République démocratique du Congo, Nigeria, Angola, Burkina-Faso, Gabon, Madagascar …), d’Océanie (Papouasie Nouvelle-Guinée, Îles Marquise, Îles Cook, Îles Salomon, Nouvelle-Zélande, Polynésie …) des Amériques (Taïnos des Iles Caraïbes, Inuits du golfe de l’Alaska) et d’Insulinde (Bornéo, Indonésie …).
S’ils ont acquis tardivement le rang d’œuvres d’art, les arts premiers provoquent depuis 2000 le feu (sacré) des enchères en ligne, qu’il s’agisse de masques Dogon, de statues Fang ou de figures de reliquaires Mbulu Ngulu Kota ; de pendentifs Maori ou de sculptures Eskimo…
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Lots recommandés

Masque portrait ndoma Baoule, Côte d’Ivoire Bois à patine brune à brun noir H. 25 cm - L. 16 cm Provenance : - Selon la tradition familiale, acquis le 1er juillet 1937 lors de la vente Maurice de Vlaminck, Etude Alphonse Bellier, Hôtel Drouot (lot 27 ?) - Transmis par descendance Sous une coiffe peignée en fines mèches verticales, ce masque ndoma présente un front haut, orné de trois scarifications en forme de graines. La ligne souple de l’arcade sourcilière semble protéger le regard clos, les paupières délicatement bombées. La ligne rectiligne et cependant douce du nez est ponctuée de petites ailes. En contrebas, la bouche s’entrouvre sur de minuscules dents, dont le dessin répond à la fois aux sobres scarifications latérales en partie basse des joues, et au traitement d’une barbe schématique, à la périphérie des joues. Comme deux éléments purement ornementaux, marqués de sobres tragus géométriques, les oreilles en léger surplomb du regard, sont deux demi-cercles qui débordent l’ensemble du visage. La taille interne, vigoureuse, creuse en trois aires distinctes les yeux et la région de la bouche, une paroi assez large par ailleurs ménagée en bordure de l’œuvre. Une laque noire, en partie conservée, apporte sa carnation à la composition. Décrits dans la littérature comme des masques-portrait, les masques ndoma ont surtout pour objet de célébrer une image idéale, qui obéisse aux canons de la beauté humaine chez les Baoule, sur le plan esthétique et moral. Avec une expression apaisée, des yeux clos, fermés sur une intériorité, le recueillement. (…) Imposant un code, un agencement humain au chaos de la nature. (Alain-Michel Boyer, Baoule, Editions 5 Continents, 2008, page 69, 70). L’alliance remarquable des surfaces polies du front et des joues, la délicatesse des traits alliée à la force qui émane de ce masque à l’intensité contenue, en font un très bel exemplaire du type. « Découvreur » passionné avec Matisse et Derain aux premières heures du XXe siècle de ce qui est appelé alors « l’art Nègre », l’artiste fauve Maurice de Vlaminck vit entouré de productions africaines et océaniennes. C’est au travers de ce qu’il décrit comme un véritable choc, dans un café d’Argenteuil, que lui apparaît une statuette aux lignes puissantes, venant d’Afrique. Il est le premier artiste de son temps à acquérir une œuvre de cette origine, et si contrairement à Picasso par exemple, cette découverte n’est pas intégrée à son œuvre propre, elle devient une véritable passion. Au fil des infortunes qu’il rencontre, Vlaminck est amené à revendre certaines pièces de sa collection. En 1937 notamment, sous le marteau de Maître Alphonse Bellier, a lieu une importante vacation mêlant oeuvres occidentales et africaines. La description du masque que nous présentons aujourd’hui, les dimensions inscrites au catalogue, permettent d’envisager sa présentation sous le lot 27 lors de la vente du 1er juillet 1937. Il n’a depuis lors jamais quitté la maison familiale de son acquéreur initial. Addendum Il ne nous a pas été offert de pouvoir accéder aux archives de Charles Ratton, expert de la vente qui nous intéresse, et ce malgré des demandes restées sans réponse. Expert : Emmanuelle MENUET, membre du SFEP. +33 06 70 89 54 87 emenuet.expertises@gmail.com

Estim. 8 000 - 12 000 EUR

Exceptionnel vase - de forme circulaire sur un disque plat. Le décor est gravé et peint en réserve, il s’articule autour de deux scènes animées entrecoupées par des bandeaux de glyphes disposés verticalement et en escalier. La première scène représente un puissant seigneur richement vêtu assis, une main posée sur le haut de sa cuisse et l’autre levée, le doigt dirigé vers des offrandes posées face à lui, destinées au dieu qui lui fait face. Sa coiffe est agencée sur trois niveaux étagés, agrémentée d’un diadème couronné avec étoffes au dernier niveau. Il porte un chignon en nid d’abeilles et sur le bas des étoffes précieuses, plumes d’oiseaux exotiques et longues nattes retombant avec élégance dans son dos. Le lobe de ses oreilles est percé et il arbore un ornement de jade. Un grand collier sautoir et des brassards recouvrent son torse et les avants bras. La position corporelle est gracieuse et la gestuelle fluide. L’avant du corps légèrement penché, sa tête dressée dans une posture hiératique. La hanche est couverte d’une large ceinture enrichie d’un large bandeau de tissus retombant à l’arrière. Face à lui deux offrandes, l’une d’elles en forme de plateau avec trois fruits personnifiés par des glyphes et l’autre en forme de vase cylindre avec couvercle en chapeau. La deuxième scène présente le Dieu D Itzamma assis en tailleur sur son trône. Le Dieu Itzamma est richement paré d’un collier sautoir avec amulettes anthropomorphes de jade précieux, des ornements d’oreilles et de nombreux bijoux. Sa coiffe spectaculaire, comme il sied au Dieux importants, est architecturée avec des plumes d’oiseaux exotiques, un diadème aviforme, des fleurs stylisées, un medaillon rayonnant et une longue chevelure à la dissymétrie étudiée. Sur le côté droit une bannière, avec idéogramme reliée à la partie basse de son trône atteste son statut divin. Le décor de ce magnifique vase est souligné par des incisions au courbes précises accentuant le contour des formes. Terre cuite beige à décor crème en réserve, traces de pigments ocre rouge ou de cinabre. Légèrement cassé-collé, Infimes rebouchages n’excédant pas 1 ou 2% de la masse globale de l’œuvre, très petit éclat sur le col et légères égrenures. L’ensemble peut être considéré en bon état général de conservation. Maya, Mexique, fin de l’époque Classique 600-900 ap. J.-C. 17,5 x 15,4 cm Ce vase a fait l’objet d’une discussion, lors de la huitième conférence européenne sur les Maya qui s’est tenue à Madrid en 2004, où les auteurs on découvert une forme complète possible de la syllabe "yu". Ils ont salué au cours de celle ci, sa qualité extraordinaire et la rareté de la représentation de ce glyphe présent dans la séquence. Les deux séquences d’écritures (partiellement élucidées) sont disposées dans des cartouches en forme d’escalier de temple et rectangulaire sur deux colonnes, elles transmettent un message destiné à une meilleure compréhension de la scène. Leurs traductions nomment le dieu D, Itzamma, un nom de personnage non traduit, (le personnage représenté devant le Dieu?), un vase à boire le cacao et l’accomplissement d’une tâche. Le compte rendu complet de cette discussion scientifique, réalisée par Dimitri Beliaev et Raphaël Tunesi sera remis à l’acquéreur. Ces quelques informations précieuses nous permettent de peut être imaginer que ces textes indiquent l’accession au trône d’un seigneur, après une cérémonie au cours de laquelle il aurait bu dans ce vase un breuvage hallucinogène à base de Cacao et psychotrope, comme il était d’usage chez les Mayas. Itzamma est une importante divinité de la mythologie Maya, dans les codex il figure sous la lettre D. C’était le dieu du Ciel, de la Nuit et du Jour. Dans ces deux dernières fonctions, il était étroitement lié à Kinich Ahau, le dieu du soleil et à Ix Chel la déesse de la lune dont il était sans doute l'époux. Il inventa l'écriture, les livres, établit les rites des cérémonies religieuses et enseigna la médecine aux guérisseurs. C'était une divinité bienveillante qui était plutôt adorée par les classes nobles de la société. Il était souvent représenté, comme c’est le cas ici, proche d’un seigneur.

Estim. 40 000 - 60 000 EUR

Important vase cérémoniel - sculpté en rond de bosse sur le pourtour d’une frise personnifiant le dieu Kukulcan Quetzalcoatl, sous la forme d’un visage à langue bifide, de motifs en volutes et spirales et symboles divers. Cette séquence est délimitée par deux frises en écailles de serpent sur le bas et le haut, à la naissance des lèvres. Les anses sont sculptées du dieu Jaguar aux aguets, la gueule ouverte montrant ses crocs et les oreilles dressées. Le pied est ajouré de motifs en escalier de temple. Travertin, évidé aux trépans, sculpté et semi-poli, quelques petits éclats du temps, infimes microfissures éparses. Maya, vallée du fleuve Ulúa, Ouest du Honduras, 600-900 ap. J.-C. 17 x 25 x 20 cm Provenance: ancienne collection Reinhard Kristermann, New York. Vente Maître Castor Hara, Drouot Montaigne du 4 Décembre 2009, numéro 172 du catalogue reproduit en couverture. La basse vallée de l’Ulúa, au nord-ouest du Honduras, se situe entre la zone géographique Maya et le bas de l’Amérique centrale. L’atelier qui a produit les vases semi-translucides, distinctifs de cette région et sculptés dans un seul bloc de marbre, a été localisé dans la région de Travesía (cf. Luke, C., « Materiality and Sacred Landscapes: Ulúa Style Marble Vases in Honduras » in Archaeological Papers of the American Anthropological Society, 2012, Boston, vol. 21, issue 1, p. 114). La région de Travesía était réputée pour la production de cacao qui était à l'origine de la richesse de la population en fonction de l’importance de la récolte. Ces vases précieux, réalisés dans un marbre à grain fin et chargés de symbolique religieuse, étaient également offerts en présents ou commercialisés en Mésoamérique, entre le Guanacaste et le centre des Basses Terres maya. La qualité de la brillance de la pierre utilisée pour ces vases était probablement associée aux royaumes mythologiques de l’eau, des nuages et de la brume. Kukulkan est le dieu de la résurrection et de la réincarnation, il joue un rôle identique à celui de Quetzalcóatl chez les Aztèques. Kukulkan , vient, selon la légende, de l'océan et y retournera peut-être un jour. Selon les maya, il reviendra sur terre lors de la fin du monde.

Estim. 16 000 - 20 000 EUR